‹ Œuvres de Paul VerlaineChapitre 4 sur 55 · LASSITUDE · texte numérisé non relu

LASSITUDE

A batallas de amor campo de pluma. (GONGORA.)

De la douceur, de la douceur, de la douceur ! Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante. Même au fort du déduit parfois, vois-tu, l'amante Doit avoir l'abandon paisible de la sœur.

Sois langoureuse, fais ta caresse endormante. Bien égaux tes soupirs et ton regard berceur. Va, l'étreinte jalouse et le spasme obsesseur Ne valent pas un long baiser, même qui mente !

Mais dans ton cher cœur d'or, me dis-tu, mon enfant, La fauve passion va sonnant l'olifant !... Laisse-la trompetter à son aise, la gueuse !

Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main. Et fais-moi des serments que tu rompras demain. Et pleurons jusqu'au jour, ô petite fougueuse !

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' -^ ^>^ ^^'^^^' MON RÊVE FAMILIER ' '^ eer-^<>"^^ Q'J«i

■^ '^v Jel'^fais ^souvent ce rêve étrange et, pénétrant a^ «Si

D'une femme inconnue, et que j'aime^ et qui m'aime, ^^^

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même ■<

^ Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. OO

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême. Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse .'' — Je l'ignore. ^

Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila. ^

Son regard est pareil au regard des statues.

Et, pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues. ^

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