LES ROGATIONS
De Sestri à la Spezia, 2* avril 181S.
Le chemin suit la mer, la mer ébloiiissiint^
Qui d'un ciel plein d'azur reflète la couleur;
Dans les champs parfumés la saison renaissante
Anime et remplit tout de sa molle chaleur.
La plante comme l'air, l'âme comme la fleur.
La marguerite, aux prés, rayonne, et sur les branches
Éclatent des pommiers les fleurs roses et blanches.
Un bruit de cloches, dans les champs.
Semblait annoncer une fcte; Et d'invisibles chants descendaient sur ma tète. C'était ce jour de joie où s'ouvre le printemps; Où la religion, promenant sa bannière.
Bénit l'herbe, les fleurs, et les fruits de la terre.
Du sommet des coteaux penchants.
Du détour des vertes vallées.
En nies au loin déroulées.
Venus de leurs hameaux, des prêtres à pas lents. Des hommes lète nue et des femmes voilées.
Leurs chapelets en main, à des enfants mêlées.
Suivent la croix avec des chants.