‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 17 sur 99 · LA RÉPUBLIQUE DK SAINT-MARIN · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE DK SAINT-MARIN

Cette république ignorée, Que cherche à peine l'étranger, Mériterait d'être illustrée Par les refrains de Béranger ;

Plus qu'Yvetot digne d'hommage, Et qui, pauvre et libre à la fois, A, douze siècles, d'âge en âge, Conservé ses mœurs et ses lois.

D'Yvelot j'aime le royaume.

J'en fus un jour le contrôleur, J'ai hanté ses palais de chaume.

J'ai chanté ses pommiers en fleur.

Mais son ciel est trisie et s'ennuie ; Mais point de vin, même point d'eau.

Si ce n'est celle de la pluie Qui verdit au fond d'un tonneau.

Ici, le soleil sur ma tête Rit sans cesse dans un ciel pur, Où la lumière sur l'azur Verse un air d éternelle fête.

Combien à la plaine de Caux, Bien que de verts chemins coupé?, Je préfère avec ses échos Cette république escarpée!

Un chemin charmant y conduit, Bordé d'une haie embaumée.

Qui, de grenadiers parsemée, A ses fleurs voit s'unir leur fruit.

La république tout entière Est assise sur un rocher.

Et l'on n'en saurait approcher Sans escalader la frontière.

En la plaçant sur ces sommets.

Aux générations futures Ses fondateurs ont à jamais Sciuvé le luxe des voitures.

Sans cour, sans garde, sans palais, Son gouvernement est modeste; Trente écus en font tous les frais, Et les ministres vont en veste.

Une cloche, pour avertir Et cx)nvoquer les assemblées.

S'en va, dans les quatre vallées.

Chez tout le peuple retentir.

Un tel pays rendrait bien vaine L'ambition d'un conquérant.

Des rochers au bord d'un torrent!

Un héros y perrdrait sa peine.

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