LES POULES DU LOGIS
Durant les mois d'été souvent n'avez-vous pas
Le soir, à la campagne, après votre repas,
De ces restes de pain que sur la nappe on laisse
Aux poules du logis par plaisir fait largesse?
Toutes viennent en hâte assister au soupe.
Tandis que chaque bec à terre est occupé,
Si quelque grosse part échoit à quelque poule.
Elle se croit heureuse; elle fuit de la foule.
Et pour manger en paix cherche un coin du hangar;
Point de paix; sa fortune attire le regard.
De tout le poulailler elle devient l'envie ;
Des poules et du coq la voilà poursuivie ;
On la presse, elle échappe, on revient l'assiéger,
Elle ne peut trouver de lieu sûr où manger.
D'un bout du poulailler à l'autre elle voyage.
Ni trêve ni repos : on la heurte au passage.
Et jusque dans son bec on lui vient picoter
Le morceau qu'elle tient sans y pouvoir goûter.
Ou si, plus rassurée, elle le pose à terre,
Il est pris I de côté change aussitôt la guerre,