‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 37 sur 99 · BRILLANT · texte numérisé non relu

BRILLANT

Champrosay, 1830.

Ils ont donné mon chien! mon pauvre camarade! Le compagnon joyeux qui de ma promenade, Chaque jour dans les bois, les vignes, les prés verts, Suivait tous les détours, sans distraire mes vers! C'était le mouvement de ma calme demeure; Sa maîtresse l'aimait, qui maintenant le *pleure; De George et de Pauline il partageait les jeux; Il était de leur âge, il croissait avec eux.

Mais un chien sans défauts serait un chien unique.

Brillant avait les siens; c'était un domestique

Voleur, aux poulaillers redoutable; sa dent

Servait un appétit quelquefois imprudent;

Avec lui la cuisine était souvent en guerre.

Il est vrai que Brillant ne se contraignait guère.

Cherchait-on un coupable, on disait : le voilà.

Brillant a fait ceci. Brillant a pris cela.

La servante venait : « Je ne puis plus répondre

« Qu'avec un pareil chien les poules veuillent pondre. »

Le jardinier venait : « 11 a cassé mes fleurs,

« Il a du potager ravagé les primeurs,

« Et je viens de le voir qui, se donnant carrière,

a Des pattos de devant, des pattes de derrière.

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