‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 47 sur 99 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

Entrée secrète da sérail de Gonstantinople. Jardin Toisin du Bosphore , un bois de cyprès. Il fait nuit. Un minaret illuminé se montre de loin audessus des cimes noires des cyprès, et indique par son illumination qu'on est au temps du Rbamazan.)

DON JUAN, PÉDRILLE, HAROUN, dans le

jardin; UN MUEZZIN sur la galerie du minaret; deux autres mueuins sur des minarets qui sont hors de vue.

(Haroun, grand-eunuque noir, fait entrer ayec précaution dans le jardin D. Juan habillé en femme turque et Pédrille rétu en esclaye, et il ferme soigneusement la porte de fer qui, un moment entr'ouTerte, laisse roir le Bosphore et la barque qui les a amenés.)

D. JUAN

Où me conduisez-vous sous ces habits de fille?

HAROUN

Silence !

D. JUAN

Mais encor?

HAROUN

Silence I il ne faut pas Qu'on entende en ce lieu ni ta voix ni tes pas.

D. JUAN

Nous, à Gonstantinople! esclaves! nous, Pédrille! III. 14

PËDRILLE.

Mais quelle rage de parler I Voulez-vous nous faire empaler?

( L'eunuque Ta Tera la porte du sérail et frappe trois fois dans ses mains.j D. JUAN.

Puis-je me voir sans honte et sans colère Ces vils habits de gaze et d'or!

PÉDRILLE

11 nous fallait bien lui complaire, Puisqu'il menaçait de nous faire Musulmans, et bien pis encor.

D. JUAN

En un bazar, achetés pour un maître !

PÉDRILLE

Pour une maîtresse, peul>-étre.

( L'eunuque a frappé encore trois fois dans ses mains, puis tout h coup reste immobile à l'appel du muezzin. )

PREMIER MUEZZIN, sur la galerie du minaret.

Allah!

D. JUAN

Quel chant!

DEUXIÈME MUEZZIN, plus éloigné.

Allah!

PÉDRILLE

C'est la prière.

TROISIÈME MUEZZIN, plus éloigné encore.

Allah!

PÉDRILLE

Du soir les muezzins chantent l'heure première.

( Un esclave noir qui suivait l'eunuque de loin étend devant lui un sedjadeh ou tapis pour la prière. J

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