‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 52 sur 99 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

(Salle resplendissante à Tintérieur da harem. Appartement de la sultane favorite. Un sopha garni de coussins nombreux, et derant lequel fume dans des cassolettes du bois d'aloès, et brûlent d'énormes bougies hautes comme des cierges dans de grands chandeliers semblables à ceux de nos églises. Ce sopha occupe le fond et les deux cAtés de la salle. On Toit des fleurs dans des rases de porcelaine, des oiseavx dans des cages dorées. )

GULLEYÂZ, Odalisques.

(La sultane ^ulleyas, étineelanle de pierreries, portant un poignard garni de diamants à sa riche ceinture et, à la main, un oomboloio ou rosaire formé de grains d'ambre, est nonchalamment étendue sur les coussins du sopha. Une de ses femmes est à genoux derant elle, un grand éventail de plumes à la main, et l'éventé ; d'autres sont debout autour d'elle, tenant des éventails semblables et des miroirs. Douze ou quinze odalisques sont partagées en divers groupes, toutes habillées de même. Plusieurs sont près des jalousies entr'ouvertes et semblent écouter le bruit qui vient du dehors; plusieurs brûlent des parfoms; plusieurs, assises, jouent de la mandoline; une d'elles tient encore ouvert le Coran dont elle faisait lecture à la sultane. Le bruit des tambourins et d'une musique confuse et bizarre que l'on entendait tout à l'heure dans le jardin se fait entendre encore, mais plus éloigné. }

GHGEUR DES ODALISQUES.

Rhamazan I combien elle est belle

L*étoile nouvelle Qui du soir marque le retour, Et pour nous, joyeuse et fidèle,

Ramène avec elle Les plaisirs défendus au jouri

GULLETAZ, à part.

Haroun tarde à venir! que la vieillesse est lente ! Si ce chrétien plein de beauté Par d'autres était acheté !

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