SCÈNE VII
Elle unit son âme embaumée.
Il chante, il chante jusqu'au jour, Et la nuit en est parfumée. Il chante, il chante jusqu'au jour.
Et qui l'entend languit d'amour.
LE SULTAN, accompagné du chœur des femmes, à demf-roix.
Chante, odalisque, chante encore.
Ta voix harmonieuse a des charmes secrets; Elle enivre les sens comme le luth sonore
Ou le parfum de l'aloès.
(Cne moitié des odalisques répète encore ceci en grand chœur, tandis que l'autre danse.)
LE SULTAN, è GuUeyaz.
Mais, GuUeyaz, je le parie.
Cette chrétienne danse un peu?
GULLEYAZ
Danser, si nouvelle en ce lieu!
D. JUAN
Oui, danser 1 j*en ai fort envie.
( One odalisque, à qui la sultane a fait signe, danse seule. Elle attire par degrés l'attention du sultan qui, les jambes croisées, dans l'angle du soptaa, pose par moment sa pipe et oublie de fumer en la regardant. Elle s'arrête.)
LE SULTAN, accompagné du chœur, à demi-TOix.
Danse, odalisque, danse encore.
Ta danse harmonieuse a des charmes secrets, Suave à tous les sens comme le luth sonore
Ou le parfum de l'aloès.
( L'odalisque se remet à danser d'un pas plus voluptueux et plus rapide. Le sultan quitte tout à fiait sa pipe, il l'admire. Il a oublié D. Juan.)
LE SULTAN
Comment cesser de dire encore!
On la verrait jusqu'à l'aurore.
Sa danse harmonieuse a des charmes secrets, Suave à tous les sens comme le luth sonore
Ou le parfum de l'aloès.
{ Le chœur des odalisques répète, et la danse devient générale.)
Le sultan a frappé trois fois dans ses mains. Le rideau de la porte se lève ; Haroun entre. On voit au dehors les eunuques noirs qui attendent rinstant de reconduire les femmes dans l'oda , et qui semblent murmurer de leur retard. Haroun prend à genoux la pipe des mains du padischah. )
LE SULTAN se lève.
C'est assez. Â minuit le plaisir doit se taire.
Viens, Gulleyaz; quand au plus haut des cieux
La lune dort sultane solitaire,
Viens près de moi l'imiter sur la terre,
Plus heureuse, plus belle et plus pure à mes yeux.