‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 77 sur 99 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

D. JUAN

El même, aux regards idolâtres.

Elles dansent sur les théâtres , Et de tous enivrent le cœur.

TOUTES

Ah! quelle horreurl

, KATINKA

Nous dansons, nous chantons, mais c'est pour notre maître,

Pour notre maître redouté; Plus heureuses du joug où le ciel nous fit naître

Que de leur folje liberté.

que notre paisible vie Est douce en ce sacré séjour I Est-il rien si digne d'envie Que d'obéir avec amour I

Plus favorable qu'on ne pense Au roseau, par le vent battu, Le harem l'abrite, et dispense De veiller même à sa vertu.

Vers les coutumes étrangères Porterions-nous de vains regrets?

Aux Européennes légères.

Nos voluptés sont des secrets.

Les parfums, le chant et la danse, La toilette et les longs loisirs.

Et le bain parfumé d'essence, Et l'amour, ce sont nos plaisirs.

Ailleurs, follement entourées De vœux, d'amants et de mépris, Ici, nous marchons honorées A régal des chastes houris.

Dans les prés, autour du Bosphore, Aux vallons de Bouyoukdèré, Si nous passons, on nous honore Comme un sexe pur et sacré.

Les hommes, à notre passage, N'osent lever les yeux sur nous, Et leur terreur nous rend l'hommage Que notre orgueil sent le plus doux.

Sans peur du lait de l'étrangère, Nos enfants croissent dans nos bras.

Et du bonheur d'être leur mère Le plaisir ne nous distrait pas.

Heureuses de leurs beaux sourires, Ah ! nos cœurs nagent dans le ciel Quand le maître de vingt empires Les prend sur son sein paternel.

D. JUAN

Odalisque, ma sœur, tu parles à merveilles, Et ta voix est à mes oreilles Douce comme un air bien chanté ; Celui qui te voit et t'écoute.

Des charmes du harem sans doute

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