‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 76 sur 99 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

D. JUAN

Des corsaires m'ont amenée De l'Espagne chez le sultan.

LOLA H et plusieurs afltres, à Katinka.

De quel pays dit-elle qu'elle vienne ?

KATINKA

De l'Espagne.

LOLA H et les autres.

Comment? quelle terre est cela?

KATINKA, & Lolah.

Ohî que cette ignorance-là Est bien d'une Géorgienne !

L'Espagne est, au delà de la mer de Tunis, Une grande île, à côté de la France.

TOUTES

Une île à côté de la France !

LOLAH

La France est près de ton pays?

D. JUAN

J'y passai môme mon enfance.

LOLAH

Mes sœurs, elle connaît la France!

TOUTES

La France! oh! c'est un beau pays.

KATINKA

Les femmes t'y ressemblent-elles?

D. JUAN

Pas tout à fait, mesdemoiselles.

TOUTES

Les Françaises?...

i76 LES SCÈNES DU SÉRAIL.

D. JUAN

Sont, sur ma foi, Plus semblables à vous qu'à moi.

LOLAH

Est-il vrai qu'elles sont si belles?

D. JUAN

Oh! belles! belles!... comme toi.

LOLAH

On dit qu'elles perdent les âmes, Et que ces séduisantes femmes Aux hommes se montrent sans peur.

TOUTES

Ah! quelle horreur!

D. JUAN

Oui, toutes, selon notre usage, A tous laissent voir leur visage, Sans voile et sans nulle rougeur.

TOUTES

Ah! quelle horreur!

KATINKA

Devant une foule inconnue, Quoi ! leur figure est toute nue !

Où cachent-elles leur pudeur?

TOUTES

Ah! quelle horreur 1

LOLAH

Est-il vrai que, devant les hommes, Il en est qui, comme nous sommes.

Souvent, le soir, chantent en chœur?

TOUTES

Ah! quelle horreur!

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