SCÈNE
DE CORIOLAN
(Camp des Volsques devant Rome.)
Jurez tous avec moi, jurez sur cette épêe^ Qui du sang des Romains brille d'être trempée, Jurez de ne quitter vos glaives tnompliants Qu'au milieu des débris de ces remparts fumants.
LES YOLSQUES,
Nous le jurons !
CORIOLAN
Jurez, et que d'un prompt supplice, S'il esl un seul parjure, à l'instant il périsse.
LES VOLSQUES
Qu'il périsse 1
CORIOLAN
Marchons, et partout sur vos pas Que la voix des l'Iiiîrons annonce le^ combats.
[ Véturie paroM, suivie dcii f^'ininf^s fommloea, J
Dieux! ma mèro!.>, La foudre éclate sur ma tête!
( tc^fl Vats^uei ts retireût, Los f^innies roiuajneâ re^ieiit ft Tedlféri dti e-omp^ Vétiirii? fietile s^a|tpNiche4)
CORIOLAN
ma mère! est-ce vous? que dans mes bras...
VÉTURIE.
Arrête.
Avant que je t'embrasse en ces camps ennemis, Parle, es-tu mon vainqueur ou bien es-tu mon fils? Que faut-il que je craigne ou que mon cœur espère? Réponds : suis-je en ce lieu ton esclave ou ta mère ? Jusqu'à ce jour, hélas I de mes pénibles jours Je n'ai donc prolongé le misérable cours Que pour voir Marcius, implacable victime, D'un trop inique arrêt se venger par un crime î L'as-tu bien pu former cet horrible dessein?
Détruire Rome, toi, toi mon fils, toi Romain! Toi, qui dès ton enfance, au sein de Véturie, Puisas avec mon lait l'amour de la patrie !
Non, je connais trop bien ton cœur religieux. Tu n'accompliras pas ce sacrifice affreux; Et, soigneux d'ajouter ce qui manque à ta gloire, Tu gagneras sur toi ta plus belle victoire.
Fais rougir l'injustice en ne l'imitant pas : C'est par les seuls bienfaits qu'on punit les ingrats. Mais déjà les remords ont effacé l'offense ; Et, si tu persistais dans ta soif de vengeance. Ces Romains, que tu vois maintenant à tes pieds. Par ton féroce orgueil seraient justifiés; Car enfin, quel que soit le courroux qui t'enflamme. Tant de soumissions doivent fléchir ton âme.
N'es-tu pas satisfait des honneurs qu'on te rend ? Nos murs te sont ouverts, le consulat t'attend ;