CHAPITRE VI
Un grand progrès social et politique détail suim notre pbss« guerrière.
Napoléon avait servi à préserver la France en changeant l'Europe, Évidemment le rôle qui nous était assigné après lui, c'était de poursuivre son œuvre, mais par d'autres voies que les siennes. La France, c'est l'esprit de la France ; c'est la Révolution Française. Nous devions à notre tour préserver et faire triompher l'esprit de la France, non plus en changeant l'Europe, mais en changeant la France elle-même, c'est-àdire en la perfectionnant comme le type avancé de la civilisation. La
destinée du grand peuple était à ce prix. Les nations, et à plus forte raison les nations initiatrices, n'ont pas le droit de s'arrêter. S'arrêter pour elles, c'est s'abdiquer; ce n'est pas seulement languir et décroître. Un grand progrès social devait suivre notre phase guerrière. Ne pas être aussi inventif dans la paix que nous l'avions été dans la guerre, c'était perdre le fruit des germes dispersés dans le monde par notre conquête.
Hé bien, où sont, je le demande, nos batailles d'Auslerlitz dans la voie du progrès pacifique depuis vingt-cinq ans? Quels sont les fléaux que nous avons vaincus? Quels sont les modèles d'un héroïsme nouveau que nous avons donnés au monde? Nos artistes ont bien pu élever un arc de triomphe avec les victoires remportées par les guerriers de l'Empire; mais je défie bien nos artistes d'élever l'arc de triomphe de nos victoires pacifiques.
Napoléon disait en Egypte à ses soldais : « Du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent.» Ces quarante siècles continuèrent à nous contempler après que Napoléon fut mort : mais nous ne fîmes rien qui méritât leur admiration ; nous ne sûmes pas nous distinguer de nos prédécesseurs sur la terre.
Où sont nos lois nouvelles qui attestent un progrès de l'esprit divin dans l'Humanité ? Avons-nous mis une nouvelle assise à l'œuvre de la Révolution ?