‹ Œuvres de Pierre Leroux (1825-1850) (volume 2)Chapitre 115 sur 132 · LIV». TOM. I. F · texte numérisé non relu

LIV». TOM. I. F

m APPENDICE AUX TROIS DISCOURS.

poléon, le Code de Napoléon, les administrateurs de Napoléon, l'armée de Napoléon; mais de plus... l'anarchie.

Laissons le mensonge, disons la vérité tout entière. La France n'ayant pas su reprendre et poursuivre l'œuvre du Dix-Huitième Siècle et de la Révolution, s'est manqué à elle-même; et là où, après la chute de l'Empire, une nation organisée d'après les principes de la raison devait surgir, pour servir d'enseignement au monde, cette nation n'ayant pas surgi, il s'est fait un grand vide en Europe.

Et si l'on peut suivre une loi dans cette décadence, c'est que cette décadence a été toujours croissant. De degré en degré, nous en sommes venus à ce gouvernement de hasard qu'un publiciste député, qui apparemment s'y connaît, définissait dernièrement : a Une table de jea » où de petits groupes, pressés derrière quelques joueurs, parient pour » les uns ou pour les autres, selon la fantaisie du moment ou le vent » de la fortune (I). »

Et l'on s'étonne que ta France n'exerce pas sur l'esprit des nations son influence légitime! On s'étonne que la France, quand viennent les jours où se révèlent le crédit et la puissance des peuples, paraisse encore, aux yeux du monde entier, la vaincue de Waterloo, et soit traitée comme telle !

Je m'étonnerais bien plus qu'il en fût autrement, et que l'Europe ne vît pas le vide que lui laisse la France.

Ah! si, au point où nous sommes, nous étions encore une nation glorifiée dans le monde , ce serait une preuve que la Providence n'attendrait plus grand'chose de nous. Il est bon que nous recevions, dans toute leur sévérité, ses enseignements. Aussi les événements se chargent-! 1s de nous les donner.

Si notre décadence intérieure ne se révélait pas dans l'opinion qu'ont de nous les autres peuples, nous ne chercherions pas notre voie plus que nous ne la cherchons aujourd'hui; nous continuerions à être les Français de l'Empire, des Français dégénérés et n'ayant que l'ignominie en échange delà gloire qui accompagnait l'Empire. Aussi voyez avec quel soin ceux qui n'ont pas d'autre idéal de gouvernement que les institutions de l'Empire voilées d'un Constitutionalisme menteur, nous cachent, autant qu'ils le peuvent, notre abaissement au-dehors. Ils savent bien que c'est là le miroir que la sagesse présente aux nations héroïques pour les réveiller de leur engourdissement.

(1) '«. de Oartrf, Remèdes Deux Monde*.

Page 1