CHAPITRE XII
Naos vivons Uiiovd'hai sons rEmpire d^organisé psr It GonstUoiloii Angltise*
Mais à quoi bon poursuivre? Ces vérités sont connues de tous. Non, le fond de nos institutions n'a pas changé depuis 1815; rien n'est changé de l'Empire, que son unité et son organisation. Nous vivons aujourd'hui sous l'Empire désorganisé par la Constitution Anglaise. Voilà notre définition. Nous avons l'Université de Napoléon, le Conseil ^'t*^^^^^^""
(t) Voyez le Discours aux Politiques, Quatrième Partie.
9* LIYR. TOM. I, ^ <V»
poléon, It Gode de Napoléon, les administrateurs de Napoléon, Tamiée de Napoléon; mais de pins... ranarchie.
Laissons le mensonge, disons la Térité tout entière. La France n'ayant pas BU reprendre et poursuivre l'œuvre du Dix -Huitième Siècle et de la Révolution, s'est manqué à elle-même; et lÀ où, après la chute de l'Empire, une nation organisée d'après les principes de la raison devait stii^r, pour servir d'enseignement au monde, cette nation n'ayant pas surgi, il s'est fait un grand vide en Europe.
Et si l'on peut suivre une loi dans cette décadence, c'est que cette décadence a été toujours croissant. De degré en degré, nous en sommes venus à ce gouvernement de hasard qu'un publiciste député, qui appat^mment s'y connaît, définissait dernièrement : a Une table de jeu B où de petits groupes, pressés derrière quelques joueurs, parient pour » les uns ou pour les autres, selon la fantaisie du nooment ou le vent * de la fortune (1). »
Et Ton s'étonne que la France n'exerce ptas sur l'esprit des nafions soti hlBnence légitime! On s'étonne que la France, quand viennent les jours où se révèlent le crédit et la puissance des peuples, paraisse encore, aux yeux du monde entier, la vaincue de Waterloo, et soit traitée ôomme telle I
Je m'étonnerais Meki plus quf 1 en fût autrement, et que l'Europe ne vtt pto le vide que lui laisse la France.
Ah) si, au point où nous sommes, nous étions encore une nation glorifiée dans le monde, œ serait nne preuve que la Providence n'attendrait plus grand'chûse de nous. H est bon que nous recevions, dans toute leur sévérité, ses enseignements. Aussi les événements se chargônt-th de nous les donner.
Si notre décadence intérieure ne se révélait pas dans l'opinion qu'ont de nous les autres peuples, nous ne chercherions pas notre voie plus que nous ne la cherchons aujourd'hui; nous continuerions à être les Français de l'Empire, des Français dégénérés et n'ayant que l'ignominie en échange delà gloire tqui aocom|Kignait l'Empire. Aussi voyez avec quel soin ceux qui n'ont pas d'autre idéal de gouvernement que les inslitutîMS de l'Einpire voilées d'un Constitutionalisme menteur, nous cachent, autant qu'ils le peuvent, notre abaissement au-dehors. Ils savent bien que c'est là le miroir que la sagesse présente aux nations hëtolques pour les réveiller de leur engounlissement.
{!) II. dë^rtié, Revue d^DmxMtmdès.