MAI
Je ne suis pas le seul à plaindre. Tous les hommes sont frustrés dans leurs espérances, trompés dans leur attente, fai été voir ma bonne femme des tilleuls. Son atné accourut au-devant de moi ; un cri de joie qu'il poussa attira la mère, qui me parut fort abattue. Ses premiers mots furent : «Mon bon monsieur! bêlas! mon Jean est mort » C'était le plus jeune de ses enfanls Je gardais le silence, c Ifon homme, dit-elle, est revenu de la Suisse, et il n'a rien rapporté; et sans quelques bonnes ftmes, il aurait été obligé de mendier : la fièvre l'avait pris en chemin, b Je ne pus rien lui dire; je donnai quelque chose au petit. Elle me pria d'accepter quelques pommes, je le fis, et je quittai ce lieu de triste souvenir.
siaoÉ(.
En un tour de main tout change avec moi. Souvent un doux rayon de la vie veut bien se lever de nouveau et m'éclairer d'une demi-clarté, hélas ! seulement pour un moment. Quand je me perds ainsi dans des rêves, je ne pois me défendre de cette pensée : Quoi! si Albert niouraitl tu deviendrais... oui, elle deviendrait... Alors je poursuis ce fantôme, jusqu'à ce qu'il me conduise à des abtniies sur le bord desquels je m'arrête et recule en tremblant.
Si je sors de la ville, et que je me retrouve sur cette route que je parcourus en Toiture la première fois que j'allai prendre Charlotte pour la conduire au bal, quel changement ! Tout, tout a disparu. Il ne me reste plus rien de ce monde qui a passé ; pas un battement de cœur du sentiment que j'éprouvais alors. Je suis comme un esprit qui, re-
Tenant dans le cbftteau qu'il bfttit autrefois lorsqu'il était un puis* sant prince, qu'il décora de tous les dons de la magnificence, et qu'il laissa en mourant à un fils plein d'espérance, le trouverait brûlé et démoli.
8 septembre.
Quelquefois je ne puis comprendre comment un autre peut l'aimer, ose l'aimer, quand je l'aime si uniquement, si profondément, si pleinement, quand je ne connais rien, ne sais rien, n'ai rien qu'elle.
4 sepCembre.
Oui, c'est bien ainsi : de même que la nature s'incline vers l'automne, Tautomne commence en moi et autour de moi. Mes feuilles jaunissent, et déjà les feuilles des arbres voisins sont tombées. Ne f ai-je pas une fois parlé d'un jeune valet de ferme que je vis quand je vins ici la première fois? J'ai demandé de ses nouvelles à Wahlheim. On me dit qu'il avait été cbassé de la maison où il ^^gjS^ ^li^t^onne ne voulut m'en apprendre davantage. Hier je le reii^^vV^^ Yiaaaxd sur la route d'un autre village. Je lui parlai, et il ^^^ çjBcto. ^«^ ^^Mr toire, dont je fus touché à un point que tu compt^y^^Û'va quejetel'aurairépétée^llaiBàquoiboiif Pou^^^^ ^(^ ^?^ ^P^^^
pour moi seul ce qui m'afflige et me rend malheureux? poartpioi t'atfllger aussi? pourquoi tp. donner toujours Toccasion de me plaindre ou de me gronder? Qui sait? cela tient peut-être aussi à ma destinée.
Le jeune homme ne répondit d'abord à mes questions qu*avec une sombre tristesse, dans laquelle je crus même démêler une certaine honte; mais bientôt, plus expansif, comme si tout à coup il nous eût reconnus tous les deux, il m'avoua sa faute et son malheur. Que ne puis*je, mon ami, te rapporter ehacuae de ses paroles! Il avoua, il raconta même avec une sorte de plaisir, et comme en jouissant de ses souvenirs, que sa passion pour la fermière avait augmenté de jour en jour; qu'à la fln il ne savait plus ce qu'il faisait; qu'il ne savait plus, selon son expression, où donner de la tête. II ne pouvait plus ni manger, ni boire, ni dormir; il étouffait; il bisait ce qu'il ne fallait pas faire ; ce qu'on lui ordonnait, il l'oubliait : il semblait possédé par quelque démon. Un jour enfln qu'elle était montée dans un grenier, il l'avait suivie, ou plutôt il y avait été attiré après elle. Comme elle ne se rendait pas à ses prières, il voulut s'emparer d'elle de force, n ne conçoit pas comment il en est venu là ; il prend Dieu à témoin que ses vues ont toujours été honorables, et qu'il n'a jamais souhaité rien plus ardemment que de l'épouser et de passer sa vie avec elle. Après avoir longtemps parlé, il hésita, et s'arrêta comme quelqu'un à qui il reste encore quelque chose à dire, et qui n'ose le faire. Enfin il m'avoua avec timidité les petites familiarités qu'elle lui permettait quelquefois, les légères faveurs qu'elle lui aooocdait; et» en disant cela, il s'interrompait, et répétait avec les plus vives protestations que ce n'était pas pour la décrier, qu'il l'aimait et l'estimait comme auparavant; que pareille chose ne serait jamais venue à sa bouche, et qu'il ne m'en parlait que pour me convaincre qu'il n'avait pas été tout à fait un furieux et un insensé. Et ici, mon cher, je recommence mon ancienne chanson, mon éternel refrain. Si je pouvais te représenter ce jeune homme tel qu'il me parut, tel que je Tai encore devant les yeuxl Si je pouvais tout te dire exactement, pour te faire sentir combien je m'intéresse à son sbrt, combien je dois m'y intéresser! Mais cela suffit. Gomme tu connais aussi mon sort, comme tu me connais aussi, tu ne dois que trop bien savoir ce qui m'attire vers tous les malheureux, et surtout vers celui-ci.
En relisant ma lettre, je m'aperçois que j'ai oublié de te raconter la fln de Thistoire : elle est facile à deviner. La fermière se défendit; son trêve surtint. Depuis longtemps il haïssait le jeune homme, et l'aurait voulu hors de la maison, parce qu'il craignait qu'un nouveau mariage ne privât ses entants d'un héritage assez considérable, sa sœur n'ayant pas d'entants. Ce frère le chassa sur^l^-champ, et fit tant de bruit de
raffaire, que la fermière, quand même elle l'eût voulu, n'eût point osé le reprendre. Actuellement elle a un autre domestique. On dit qu'elle s'est brouillée avec son frère, aussi au sujet de celui-ci; on regarde comme certain qu'elle épousera ce nouveau-venu. L'autre m'a dit qu'il était fermement résolu à ne pas y survivre, et que cela ne se ferait pas de son vivant.
Ce que je te raconte n'est ni exagéré ni embelli. Je puis dire qu'au contraire je te l'ai conté faiblement, bien faiblement, et que je l'ai gâté avec notre langage de prudes.
Cet amour, cette fidélité, cette passion, n'est donc pas une fiction de poète I elle vit, elle existe dans sa plus grande pureté cbes ces hommes que nous appelons grossiers, et qui nous paraissent si bruts, à nous ch vilisés et réduits à rien à force de poli. Lis cette histoire ave£ dévotion, je t'en prie. Je suis calme aujourd'hui en te récrivant. Tu vois, je ne fais pas jaillir l'encre, et je ne couvre pas mon papier de taches comme de coutume. Lis, mon ami, et pense bien que cela est aussi l'histoire de ton ami! Oui, voilà ce qui m'est arrivé, voilà ce qui m'attend; et je ne suis pas à moitié si courageux, pas à moitié si résolu que ce pauvre malheureux, avec lequel je n*ose presque pas me comparer.
5 septembre.
Elle avait écrit un petit billet à son mari, qui est a la campagne, où le retiennent quelques affaires. Il commençait ainsi : « Mon ami, mon » tendre ami, reviens le plus tôt que tu pourras ; je t'attends avec im- » patience, d Une personne qui survint lui apprit que, par certaines circonstances, le retour d'Albert serait un peu retardé. Le billet resta là, et me tomba le soir entre les mains. Je le lis, et je souris : elle me demande pourquoi. «Que l'imagination, m'écriai-je, est un prùseni divin! J'ai pu me figurer un moment que ce billet i^'^ll^^t^iss^^ ^ Elle ne répondit rien, parut mécontente, et je me ti:|^
538 WEJlTttl&K.
• fleptembie.
rai eu bien de la peine à me résoudre k quitter le »mple firac bien que je portais lorsque je dansai pour la première fois avec Charlotte; mais à la fin il était devenu trop usé. Je m'en suis (ait faire un antre tout pareil au premier, collet et parements, avec un gilet et des culottes de même étoffé et de même couleur que ceui que j*aTai8 œ Jour-là.
Gela ne me dédommagera pas tout*à*fàit Je ne sais... je crcm pourtant qu'arec le temps celui^u me deviendra aussi plus cher.
Elle avait été absente quelques jours pour aller chercher Albert à la campagne. A^jourd'hui j'entre dans sa chambre; elle vient au-devant de moiy et je baisai sa main avec miHe joies.
Un serin vole du miroir, et se perche sur son épaule. « Un nouvel ami, 9 dit^elle, et elle le prit sur sa main, c II est destiné à mes enfants. 11 est si joli I regardez-le. Quand je lui donne du pain, il bat des ailes et becqueté si gentiment I II me baise aussi : voyez. »
Lorsqu'elle présenta sa bouche au petit animal, il becqueta dans ses douces lèvres, et iL les pressait comme s'il avait pu sentir la félicité dont il jouissait.
<x II faut aussi qu'il vous baise^ » ditrélle, et elle approcha l'oiseau de ma bouche. Son petit bec passa des lèvres de Charlotte aux miennesi et ses picotements furent comme un souffle précurseur, un avant-goût de jouissance amoureuse.
A Son baiser, dis^e, n'att point tont-à-fàit désintéressé. Il cherche de In nourriture, et s'enf va non satisteU d*une Tide caresse. »
a II mange aussi dans ma bouche, » ditr-elle;: et elle lui présenta un \\evi de mie de pain avec ses lèvres, où je voyais sourire toutes les joies^ innocentes, tons lea plairirs, toutes les ardeurs d'un amour matneL
le détournai le visage. Elle ne devrait pas faire cela; elle ne devrait pas allumer mon imagination par ces images d'innocence et de Télicité célestes; elle ne devrait pas éveiller mon cœur de ce sommeil où Tin** (Itfféreoce de la vie le berce quelquefois. Mais pourquoi ne le ferait-elle l>as? Elle se fie tellement à moi ; elle sait comment je l'aime.
15 septembre.
On 50 donnerait au diable, Willielm, quand on pense qu'il faut qu'il y ait des hommes assez dépourvus d'âme et de sentiment pour ne pas goûter le peu qui vaille quelque chose sur la terre. Tu connais ces noyers sous lesquels je me suis assis avec Charlotte chez le bon pasteur (le Saint-***, ces beaux noyers qui m'apportaient toujours je ne sais quel contentement d*âme. Comme ils rendaient la cour du presbytère agréable et hospitalière! que leurs rameaux étaient frais et magni- |}(|ues! et jusqu'au souvenir des honnêtes ministres qni les avaient plantés il y a tant d'années 1 I^ maître d'école nous a dit bien souvent le nom de l'un d'eux, qu'il tenait de son grand-père. Ce doit avoir été un galant homme, et sa mémoire m'était toujours sacrée lorsque j étais sous ces arbres. Oui» le mattre d'école avait hier les larmes aux yeux lorsque nous nous plaignions ensemble de ce qu'ils ont été abattus... Abattus... J'enrage, et je crois que je tuerais le chien qui a donné le premier coup de hache... Moi, qui serais homme à m'atOiger sérieusement si, ayant deux, arbres pareils dans ma cour^ j'en voyais un mourir de vieillesse, fautril que je voie celai Mon cher ami^ il y a une chose qui console. Ce que c'est que le sentiment chez les hommes I tout le village murmure, et j'espère qtte la femme du pasteur verra à son W uva. T0«. I. ?• 35.
a» wisaiHBit
a faite aux habttaiitA da^rwdroii Car c'<iBt«He^ la femoe du nouiReaa pisteor (Mtre TîcAlari «flft ameL ami), «ne cvMaitiàche, actrifttre et malkigrQ» et qui 4 hieo mpaM de 00 pMiidre mieaa îatérêt «o monde» ear fewmue m'enptendi elki) «oetottavri wit.MdoMier pdw Ba^iftte, qviae mttad'eiiaariMr ka c«mi»» qui tetf attira la nontelle réformatkiii critioo^ivorald du cJMrjgtiwwme, et à qui lea léteries de, Lavater faut hwsier k« épaule», dont la «aaië est touJ^à4ubt niîDée, ei qui n'a ea oeméqiieiu^ ucvmmim sur la terre. Aussi il n'y a^ait qu'une pareille créature qui pût faire abattre jnes nûT^n- Vois-tu^ je n'eu puis pas revenir I Imagine- toi un peu, les feuilles en tombant salissent sa cour, et la rendent humide; les arbres lui interceptent le jour; et quand les noix sont mûres, les enfants 7 jettent des pierres pour les abattre^ et cela affecte ses nerfs, et la trouble dans ses profondes méditations, lorsqu'elle pèse et compare ensemble Kennikot, Semler et Hichaélis! Lorsque je ^ lea gens du village, et surtout les anciens, si mécontents, je leur dis : a Pourquoi l'aYez-YOus souffert? » Ils me répondirent : a Quand le maire veut ici, que faire? d Mais une chose me fait plaisir : le maire et le ministre (car celui-ci pensait bien aussi à tirer quelque profit des lubies de sa femme, qui ne lui rendent pas sa soupe plus grasse) convinrent de partager entre eux; et ils allaient le faire, lorsque la chambre des domaines intervint, et leor dit : Doucement! Elle avait de vieilles prétentions sur la partie de la cour du presbytère où les arbres étaient, et elle les vendit au plus offrant. Ils sont à bas! Ohl si j'étais prince! je ferais à la femme da pastenr, au maire et à la chiwhre des donaîBee^,. Prinoel... Àhl oail si j'étais prince, que me fendent ies artwea de bmd pays?
IQ octobre.
Quand je vois eenlement ses ye«x noirs, je sut» content! Ce q^ me chagrine, c'est qu'Albert ne paratt pasanssi heucensqu'y... l'espérat.. Si... Je ne fais pas souvent <ks rétieenoes; mais iei je ne puis m'eipri* mer autrement... et il aie semble que c'est aesea clmr .
IS octobre.
Oseian a mftimté Homère dans mon cœur. Quel monde que celui où ses chants sublimes me rayissent! Errer sur les bruyères tourmentées par Touragan qui transporte sur des nuages flottants les esprits 4e« «iew, À te ^ftto*darlé 4e lai tuaej raiendre dans te nontegne les 0&misMi|uaB4^>da9rgteMi^âM étoulEéadaBs le nff&t
s^m^dq. toisiwt 40>te leurêt/el les soiipîi»de te jemie fille agonît swte f rè^dea^atee inairesieQVYerteside mwm qui owfvreiit le hécQ9 BobtewMt ineirtqjù.fot sw UittMriBlô;..é. et quand alots je reacootto la barde^ blanchi pw te» anaéea, qui sur lea vastes bruyères eberàba tes traœpdeseayèees^el M tiouveqnetespieroes de leara^lombeaiis, qui gémit et toivroe $es yeux vev» Véteitedu spii se eachaat dans te va^ houleuse, 0t que te passé «eyit dana Time du héros, coniBie lar»-^ qiae cette éteite écteiraît eoeone d^: son raryoa psopka tes péifls des tesav^aet qoe^te lune;prèteii sarlumièKàlrâis vaisseau nsTenant \io^ torieiuL; que.i^ ti? wr sfiialront sa profondes dMtewr, et que je te roîa^ hà te déruter, lui «esté 8e«t sur te tenr^ chanceter vers te tombe, et comme ik puise encore de donteura» pteiairs dsoia te p^ésemoa. des. ombres iiM^obiles 4eis^fièresi,et scyasde te tene froide et ïberbd épaisse que le v^t (oouche» eta'éeite t s Le wyageur étendra; il Tien-> dra eeteiquî me coniuit dans naateMuté, etil dira: Où est te barda? qu!esi devsiiii le ^ de Fineat? Sea pted foule ma tombe, et c'est en vaÎQ qu'il «se demande sov te terre^ » alors, ô non anûl je serate homme à apracher l'épôsde q^elq^e nohte écayer , à délîYTer tout d'u^ CQop^ mon prôfBe du timment d'use^Yte qui n'est qu'une mort tente» et à enwief wm àiw^aBrès ce demirdldii mis en Ute»té.
î i I iifcHH
iS octobre.
Hélas 1 ce Tide, ce vide aifireux que je sens dana mou aem\... Repense souyent : Si tu pouTSis une fois, une seule fote, ^ pteflaer contee ce oœur, tout ce vide serait rempli.
9^m VT cih I ncifia
Oui, mon cher, je me con^rme de plas en pins dans l'idée que c'est peu de chose, bien peu de choee que l'eiistence d'une créature. Une amîe de Charlotte est Tenue la voir ; je suis entré dans la chambre voisine ; j'ai voulu prendre un livre, et, ne pouvant pas lire, je me suis mis à écrire. J'ai entendu qu'elles parlaient bas : dles se contaient l'une à l'autre des choses assez* indf flérentes, des nouvelles de la ville ; comme celle-ci était mariée, celle4à malade, fort malade, c Elle a une toux sèche, disait l'une, les joues creuses, et à chaque instant il lui prend des ftiiblesses : je ne donnerais pas un sou de sa vie. — Monsieur N.... n'est pas en meilleur état, disait Charlotte. — Il est enflé, » reprenait l'autre. Et mon imagination vive me plaçait tout d'abord au pied du lit de ces malheureux ; je voyais avec quelle répugnance ils tournaient le dos à la vie, comme ils... Wiltielm, mes petites femmes en pariaient comme on |iarle d'ordinaire de la mort d'un étranger.... Et quand je regarde autour de moi« que j'examine cette chambre, et que je vois les habits de Charlotte, les papiers d'Albert, et ces meubles avec lesquels je suis à présent si familiarisé, je me dis en moinméme : c Vois ce que tu es dans cette maison 1 Tout pour tout. Tes amis te considèrent, in fais souvent leur joie, et il semble à ton cœur qu'il ne pourrait exister sans eux. Cependant si tu partais, si tu t'éloignais de œ cerde, sentiraient-ils le vide que ta perte causerait dans leur destinée? et combieil de temps?... » Ah! l'homme est si passager, que là même où il a proprement la certitude de son existence, là où il peut laisser la seule vraie impression de sa présence dans la mémoire, dans l'âme de ses arnivÂLdoit fl*effacer et disparaître; et cela si tôt 1
tr octobre.
Je me déchirerais le sein, je me briserais le crftae, quand je vois combien peu noms poavons les uns pour les autres. Hélas! Tamour, la joie, la chaleur, les délices que je ne porte pas au dedans de moi, un autre ne me les donnera pas; et, le coeur tout plein de délices, je ne rendrai pas heureux cet autre» quand il est là froid et sans force deyant moi.
Le soir.
fat tant ! et son idée dévore tout; jai tant! et sans elle tout pour m<^ se réduit à rien.
Sd octobre.
Si je n'ai pas été cent fois sur le point de lui sauter au cou l... Dieu sait ce qu'il en coûte de voir tant de charmes passer et repasser de^rant vous, saoM que vous osiez y porter la main ! Et ce^^^àatil^^ V^ueVianl 4iaturel de rhnmanîté nous porte à prendre. Les ^^itAnlks ^ X&i^c^^^^*^ pas de saisir tout ce qu'Us aperçoivent I... Et tiii>i ^
t»4 WEftTHER.
Diea sait combien de fois je me oiets au lit avec le désir et quelquefois atec respértooe dé ne pas me réyeîiler;«tte nMlin j'ouvre Jes yen, je retois le solefi, et je sois «udftearaiix. 0ht qM ne iwiieje être un maniaque! que ue pui»je n'en {wendre m ^ttupe, à Ion tim» i UBe entreprise inanquée! Alors l'iinupiiirtaUe ftadeaiide nm | oe poHerait qu'à demi sur moi, MalteureotL que jesuisi jèa trop que toute la faute est à moi seuL
La faute ! non. Jfe porte aiyourd'hui cactiée dans mon sein la source de toutes les misères, comme j'y portais autrefois la source de toutes les béatitudes. Ne suis-je pas le même homme qui nageait autrefois dans une intarissable sensibilité, qui voyait naître un paradis à chaque pas, et qui avait un cœur capable d'embrasser dans son amour un monde entier? Mais maintenant ce cœur est mort, il n'en naît plus aucun ravissement; mes yeux sont secs ; et mes sens, que ne soulagent phisdfM larmes rafrakhissaaies, sont 4evw«i secs aussi, et leur angoisse sillonne mon front de rides. Combien je soufflre I car j'ei fierdu ce qui faisait toutes les délices de ma vie, cette force divine avec la* quelle je créais des mondes autour de moi. Elle est passée U.. Lorsque de ma fenêtre je regarde vers la colline lointaine, c'est en vain que je vois au-dessus d'elle le soleil du matin pénétrer les brouillards, et luire sur le fond paisible de la prairie, {ah9îs que la douce rivière s'avance vers moi, en serpentant entre ses saules dépouillés de feuilles : toute cette magnifique nature est pour moi froide, inanimée, comme une estampe coloriée ; et de tout ce spectacle je ne peux verser en moi et faire passer de ma tète dans mon cœur la moindre goutte d'un sentiment bienheureux. L'homme tout entier est là debout , la face devant Dieu , comme un puits tari, comme un seau desséché. Je me suis souvent jeté à terre pour demander à Dieu des larmes, comme un laboureur prie poui: de la ploie, lonquil ttilt wr «aMte im eiel d'ainki let la terre motrrir de soif autour de M!
ihis, fcéfeis 1 je le aens, Dieu vlmêcioifts^^tA la ptaie^el^ mMU nos prières impertaoes; eteêslemps4oatleiioavaflirM9«MHttMÉte,pei«rw jquoi étaient-ils si heurenï^isiiioa y«fceqwèfiltitMaiÉ^«to^tB|fcltuiu patience, et que je recevais avec un cœur reconnaissant les délices qu'il versait sur moi?
^ noiyembre.
Elle m'^ rèprdché mes eicëà, mais d'un ton Si àtmaUe! tnèks excès de ce que, d'un Verre de vîn, je me laisse quelquefois entraîner à fcoîre la bouteille, ot Érltez cela, me disait-elle; peiiâez à Charlotte I ^ 9eb^ ser 1 aveî-voilsr besoin de me fordôimer ? Que }è "peûse^ que je ne pense pas, vous êted toinjonrs présente à inijà ftme. rétiis assis aajotîoitniul à l'endroit même où tous destendMes dernièremeint de Tôituiie... » Elle s'est mise à t)arter d'avtre éhose; pôtirm-èiiipécber de m'cnfifoneer trop avant daïis cette mutiëre. Je M siib pli» teicn ttitSItte, tbér amll ERe feil de inoi tout ce qn^ene veut.
i5 noYembre*
Je të remétcie; Wilhelm, dû tèndiiB ititéfet que tu prenflâ; à mot, de la bonne infentioti qui peiiceâMs ton ebhsèil; mtSi je te 'ptié d'être tranquille, laisse-moi supporter Umîk lia crise; malgtê faltMittementeù je Suis, j'ai encôire asse2 de forte pour aller jusqu'au bout;ie'tèspede la religion, tu le sais; je sens que c'est un bâtdn fom ceM qài toMbe de lasA tilde, Unraf^fcfaAsemebt: pour celui c[iie la soif conMM. ^ulement... peu^lle, doit-eâè être éeh pbtir tovè? GônMAèré cè^iaMe univers : krvt3$s des mUliërs dlMinnies potir qui «De ne Va pas été; d'autres pouf ^i elle b« lé setfa jamate, soit qu'elle teur aR été aianôucéë oti non. Fatt-ll d(>ik;y|à^é le sdH pbxxf guiH^ \M f^^JMnx ne dH^l'paB'tah^tM :^qx que tàétî père tiv\ ^t^ %éî!mK avtc moiîSidoncjfe'ttetaitf^élê'ddni*, « Itt ^^^-^^ pour lui, comme mon cœur me le dit... De cJ^^!^ ^^-s^^iounet a cela une fausse interprétattonpet Wlrime r^^cl^ ^^^^^^^ '^^-
nooento : c'est mon âme tout entière que j'expose devant toi. Autrement j'eusse mieux aimé me taire : car je hais de perdre mes paroles sur des matières que les autres entendent tout aussi peu que moL Qu'esi-ce que la destinée de Thomme, sinon de fournir la carrière de ses maux, et de boire sa coupe tout entière? Et si cette coupe parut au Dieu du ciel trop amère torsqu'il la porta sur ses lèvres d'homme, irai-je foire le fort et feindre de la trouver douce et agréable? Et pourquoi aurais-je honte de l'avouer dans ce terrible moment où tout m<Mi être frémit entre l'existence et le néant, où le passé luit comme un éclair sur le sombre abtme de l'avenir, où tout ce qui m'environne s'écroule, où le monde périt avec moi? N'est-ce pas la voix de la créature accablée, débiUante, s'abtmanl sans ressource au milieu des Taîns efforts qu'elle fait pour se soutenir, que de s'écrier avec plaiole : « Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'aves-vous abandonné? » Pourrai»-j^ rougir de cette expression? pourraîH^ redouter le moment où elle m'échappera, comme si elle n'avait pas échappé a celui qui replie les cieux comme une voile?
tl novembre.
Elle ne voit pas, elle ne sent pas qu'elle prépare le poison qui nous fera périr tous les deux; et moi j'avale avec délices la coupe où oUe me présente la mort! Que veut dire cet air de bonté avec lequel elle me regarde souvent ( souvent, noo^ mais quelquefois]? cette complaisance avec laquelle elle reçoit une expresuon produite par un sentiment dont je ne suis pas l^ maître? celte compassion pour mes soufflrances, qui se peint sur son front?
Comme je me retirais bter, elle me tendit la main, et me dit : c Adieu, cher Werther! » Cher Werther I Cest la première fois qu'elle { m'ait donné le nom de cher, et la joie que j'en ressentis a pénétré jusqu'à la moelle de mes os. Je me le rép^tei.ce^t fois; et le soir, lorsque je voulus me mettre au Ut, en habillant avec moi-même de toutes sortes de choses. Je me dis toutàcoup : «Bonne nuit, cher Werther! » et je ne pus ensuite m'empècher de rire de moi^ème»
WEaTBEft. 837
n no?embre.
Je ne puis pas prier Dieu en disant : a Conserve-la-moi I » et cependant elle me parait souvent être à moi. Je ne puis pas lui demander : « Donne-la-moi! » car elle est à un autre... Je Joue et plaisante avec mes peines. Si je me laissais aller, je ferais toute une litanie d'antithèses.
Si novembre.
Elle sent ce que je souffre. Aujourd'hui son regard m'a pénétré jusqu'au fond du cœur. Je l'ai trouvée seule. Je ne disais rien, et elle me regardait fixement. Je ne voyais plus cette beauté séduisante, ces éclairs d'esprit qui entourent son front : un regard plus puissant agissait sur moi; un regard plein du plus tendre intérêt, de la plus douce pitié. Pourqnoi n'ai-je pas osé me jeter à ses pieds? pourquoi n'al-je pas osé m'élancer à son cou, et lui répondre par mille baisers I Elle a eu recours à son clavecin, et S'est mise en même temps h chanter d'une voix si douce ! Jamais ses lèvres ne m'ont paru si charmantes : c'était comme si elles s'ouvraient, languissantes, pour absorber en elles ces doux sons qui jaillissaient de l'instrument, et que seulement l'écho céleste de sa bouche i'ésonnftf. Ah! si je pouvais te dire cela comn^e je le sentais! Je n'ai pu y tenir plus long-temps. J'ai baissé la ttte, et j'ai dit avec serment : a Jamais je ne me hasarderai à vous hnprimer mi baiser, A lèvres sur lesquelles voltigent les espritsdu dell... » Et cependant... je veux... Ah! vois-tu, c'est comme un mur de «fev^r^^^Von <\^\ s'est élevé devant mon âme.. . Celte f^icité, cette ^\^xeib A^ c^^^— ^^ truite... et puis expier soncrime..» Son crime 1
s» WSHT&ER.
M novembre.
Quelquefois je me dis : « Ta destinée n'est qu'à toi : tu peux estimer tons les mires kevreux ; jamais mortel ne ftit tonrmMlé coDarme toi. 0 Et puis je lis qvelqne anden poète; et c'est comme si je lisais dans mon propre cœur. J'ai tant à souffrir! Quoi! il y a donc eu déjà avaet mot des hommes aussi malheureux !
ao nof eifibve.
IVoDi jamais,, jamais je pe pourrai reveiûr à moi. Piartoot b«i je wie, je caocontre quelque airpi^itioii qui me^ mat hors de mnïHnàne» Aujourd'buii, 4 destini 6 hmnanUél
le i^ôs sur les )mt^ de l'eau à Tbauire du àhmt^ Je; n'avais aucune envie de manger* Toi^t^ était désert^ om v^nt^l'oiM^ froid et humide soufflait ^ la niQirfagiie, et des nuages grisfttres qouvraîe«t Ja vaUée. J'ai aperçu de Isin un homm# yétu jd'tin maittvaîs l^t vert^,iiiu oiarehaft courbé entre les roQbers, et paiaiasait.die)rGber.44i|5 «impies. Je me suis approché 4e lai, et le bruife qu^ j'ai iaît «n arnxracit i'^afant fait se relourner , j'ai th «ne phjisîonemie tout^fait intévessaote, couverte d'une isistesse pr(rfimde, mais qui n'annonçait rien d'aUknrs qu'nne âme hwinéte. Ses cheveux tétaient relçvés eurdeiix beufiles ayec des épingles, et ceux de derrière Ispnaient um tresse tort épaisse qui lai descendait sur le dos. Gonsme ionJi«Juai«mentindifaaiti«pMn3«eda commun, j'ai cm qu'il ne prendrait pas mal que je fisse attention à ce qu'il faisait; et^ en conséquence, je lui ai demandé ce qu'il cherchait. « Je cherche des fleurs, a-t^U jépondu avec un profoià soupir, et je n'en trouve point. — Aussi n'est-ce pas la saison, lui ai-je dit en riaot
WERTftER. 539
«^ n 7 a teM 4é flëofs! a^t-îl repaie èto^flescetiAant ir^rs imoi, tl y k datas itKm Jardin deft roses et Aèn espècèk dè'èhèfvréfeallle, dodf runè ni^â éié doMMv'f <ir tmMi ipèife/EHes p<^8feâtbr<hûïfrément a^sSi tite quèlii iîiaitîraisé ltelA>ë; et VoOà déjà deut }ùUft' que ]'en chéi^chê saûcis en pwovolir tfduVer/E( même id, dehbts, î! y âteùjôtirs des flewrs, dés janiies, ^és'Meaés, des ronges y et Ta teiitanyée tossi est tftie Jolie pe^ tite'Aeiir -r Jé'n^efïpiili trùtiTer auçone;i J^àl rehiftrqfiié eti lui un certain air "hâgaM; et, tenant un diétout, je tuVài demandé ce qu^il vonlait fàîre de éesilenrs. Un sourire singuWr et cônHnalsif a contracté les traite de sa figtire. « Bl tous Yotilez ne poitit me trahir, a-t-!I dit en appnyatit nti doi^ sur sa boudië, je vous dirai que f ai 'promis un bouquet à ma belle. — Cest fort bien. — Ah Telle a bien d'autres choses! Elle est rifhé! -^ Et pourtant eHe fiiit grand cas de vôtre iMuquett — Oh! elle a dés joyaux et une couronne! — Comment Îàppelez-Tous donc? — Si les ËÎats-Génènlttx Tdmiaient me pJiyer, je jserais uft autre homme! Ouï, il ftit un "temps oh fèlàta sî coritêfatl AujOtrrdliuic'en est bit pour moi, je'suis... d Vn regard humide quil k làncë VeH le ciel a tout ^primé'. « VouS'éiSfez donc heureux? ^ Ah! Je Voudrais bien rêtreenboi^idéTnShiefrétalà coûter ^ai éi gaillard eothriie lé poisson dans l'eau. -^ «enri î a' dWë utib viditte fémhie <j|ui téiiâit sur le chemin, Henri ttWi es-tùtôut+é? Nous f avons dherché partout. Viens dther. — Est-ée là Votre fifi?? lui âi-je demandé ien m'approchant d'elle» — Ouî,c'fe8ttnon pauvre fib! a-t-ellé répondu.. Dieu m'a àoriné une crtfx'ioùMë: i^CoirtMén y a-t-il qù'B est tfans cétôtatt - Il rfy a que sit moik f\vfi1i eA tihsiirànqtrftle. h rends ^râce à Dieu que cela n*ait pas étéi^ns Ibiù. Auparavant fl à^dans tmefrénésierqul k duré une année eiftière; et pdur lors il était à'ià cbatné tiens l'hôpital des fous. A présent H he ftiit rien à persotMe; séUleArrent il est toiàjodrs occupé de rcSs et d'empereurs. C'éMif hn homme dôax et tranquille, (fcA ih'ajddit à vivre, et qufaifttit une fort belle éttiture. Ybtkt d^iA èbUt) itdevint rSteiïr • tombb tMAade â*iihè«èVre châûdè, d6 là dans le détire, et nminténaintll efcttfanS fétat ttù vdu» ils voyez. Sll fallait vous raconter, monsieur... i^ J'interrompis ce flot dief piailles èd'ltï! dènitodatit quel était eè tttnpi dent il^Misalt Si -grand rédt; et'où 'il se trouvât si heureux et si cdbtent. ff Le i^afttvre ttsèttsé,M'ft-t^11é dit «vtec un sourire de pHfé, veMif parléii du temiis où fl était hors dé Itii :1l ne cesse d'ed foire M6ge:^^1é trtmpS qu'il à pÉâsè à rMpH&l, ^1'^^ ^ tfaVSfK ^»k cane eonrialisaàcè de W-mème. ^ Cefti a ftlit k\î^.Kidi V^i**^*^^ ^^^ de tonnerre. Je lui ai mis une pièce d'argent dai^^\'i^^%\^>^\*^^ ^^^* éloigné d'elle à grands pas.
&iO WERTHER.
ne soient heareux qu'avant d'arrirer à l'âge de la raison, %m nfMès qu'ils Tont perdue! Piauvre misérable! Et pourtant je porte eoTie à ta folie, à ce désastre de tes sens, dans lequel tu te consumes. Ta sors plein d'espérance, pour cueillir des fleurs à ti| reîve,.» au milieu de l'hiver... et tu ('affliges de n'en poiot trouver, et tu ne conçois pas pourquoi tu n'en trouves point Et moi... et moi Je sors sans espétwoee, sans aucun but, et je rentre au logis comme j'en suis sortL.^ Tu le figures quel homme tu serais si les Étais-Généraux voulaient le payer ; heureuse créature, qui peux attribuer la privation de ton bonlieur à uit obstacle terrestre! Tu ne sens pas, tu ne sens pas que c'est dans le trouble de ton cœur, dans ton cerveau détraqué, que gtt ta misère, dont tous les rois de la terre ne sauraient te délivrer ! »
Puisse-t-il mourir dans le désespoir, celui qui se rit du malade qui. pour aller chercher des eaux minérales éloignées, fait un long voyagt qui augmentera sa maladie et rendra la fin de sa vie plus douloureuse ! celui qui insulte à ce cœur oppressé qui, pour se délivrer de ses remords, pour calmer son trouble et ses souffrances, fait un pèlerinage au saint sépulcre : chaque pas qu'il fait sur la terre durcie, par des routes non frayées, et qui déchire ses pieds, est une goutte de baume sur sa plaie } et à chaque jour de marche il se couche le cœur soulagé d'une partie du Eardeau qui l'accable... Et vous osez appeler cela rêveries, vous autres bavards, molleujent assis sur des coussins! Rêveries !... 0 Dieu! tu vois mes larmes.. Fallait-il, après avoir formé l'homme si pauvre, lui donner des frères qui le pillent enooie daos sa pauvreté, et lui dérobent ce peu de confiance qu'il a en iot^car la confiance en une racine salutaire, dans les pleurs de la vignOi. qu'est-nre, sinon la confiance en toi, qui as mis dans tout ce qui nous environne b guérison et le soulagement dont nous avons besoin à toute heure? 0 père que je ne connais pas, père qui remplissais autrefois toute mon âme, et qui as depuis détourné ta face de dessus moi, iq>pelle*nioî vers toi I ne te tais pas plus iQpgtemps ; ton silence n'arrèiera pas mon âme altérée.... Et un homme, un père pourrait-il s'irriter de voir son fils, qu'il n'attendait pas, lui sauter au cou, en s'écriant : c Me voicî revenu, mon père; ne vous fâchez pointsi j'interrompe un voyage que je devais supporter plus long pour vous obéir. Le monde est le même partout i partout peine et travail, récompense et plaisir : mais que me iait tout cela? Je ne suis bien qu'où vous éles; je veux souffrir et jouir en votre préseoce.... » Et toi, père céleste^ei miséricordieux, pourraistu repousser ion fils?
iiMM
1er déeembre.
Wilhelm ! cet homme dont je t'ai parlé, cet heureux infortuné, était commis ches le père de Charlotte, et une malheureuse passion qu'il couçdt pour elle, qu'il nourrit en secret, quMl lui découvrit enfin, et* qui le fit renvoyer de sa place, l'a rendu fou. Sens, si tu peux, sens, par ces mots pleins de sécheresse, combien cette histoire m'a bouleversé, lorsque Albert me l'a contée aussi froidement que tu la liras peut-être!
i décembre.
Je te supplie»... Vois-tu, c'est fait de moi.... Je ne saurais supporter tout cela plus longtemps. Aujourd'hui J'étais assis.près d'elle.... J'étais assis; elle jouait différents airs sur son clavecin, avec tonte Texpression I tout, tout!... que dirai-je?Sa petite sœur habillait sa poupée sur mon genou. Les larmes -me sont venues aux yeux Je me suis baissé, et j*ai aperçu son anneau de mariage: Mes pleurs ont coulé.... Et tout-àcoup elle a passé à cet air ancien, dont la douceur a quelque chose de céleste ; et aussitôt j'ai senti entrer clans mon âme un sentiment de consolation, et revivre le souvenir de tout le passé, du temps où j'entendais cet air, des tristes jours d'intervalle, du retour, des chagrins, des espérances trompées, et puis.... J'allais et venais par la chambre ; mon cœur suffoquait, a Au nom de Dieu! lui ai-je dit avec l'expression la plus vive, auH)om de Dieu, finissez! » Elle a cessé, et m'a regardé attentivement. « Werther, m'a-t-elle dit avec un sourire qui m'a percé 1 ame, Werther, vous êtes bien malade ; vos mets favoris vous répugnent. Allez I de grâce, calmez-vous, d Je me suis arraché d'auprès d'elle, et .. Dieu I tu vois mes souffrances, tu y meU^aj ^u.
on
Gomme cette image m» pMisottffBe je tetteeaq» jeiéfe, rempHtaeiitemoBime.lcïyqiiaBdjefemeèdeni ksptapièaea^ id, dans mon Iroot, « reodroit w le mnttntte la loroe nweBCyje i ses yeuK noirs. Non, je nefleonài ^exprimer eria.Sî jem'cniion àrlaU, ses yeu saniaMorelà; UisetfllioomaB o» ehln»; fli sent deTant moi; ils remplissent mon front
Qu'est-ce que Thomme, ce demi-dieu si vanté? Les forces ne loi manquent-elles pas précisément à l'heure où elles lui seraient le pins nécessaires? Et lorsqu'il prend l'essor dans la joie, ou qu'il 8*enfonce dans la tristesse, n'esta pas àXàn nCfoie t)orné, et totqours ramené au sentiment de lui-même, au triste sentiment de sa petitesse, quand il espérait se perdre dans l'infini ?
^■^»«q>H^«»tyj^»flP»yy»tppi ■■•!—•■■