‹ Œuvres de Pierre Leroux (1825-1850) (volume 3)Chapitre 86 sur 88 · ALPIN · texte numérisé non relu

ALPIN

)» Mes pleurs, Ryno, sont' pour le mort-; navoixeat aux habitants de la .tombe. Jeune homme, tu es sveltesûr k ooUfaie, beau parmi les ifils des bruyères; mais tu tomberas comme' Morar, et isinr tou tombeau Taffligé^iendra s'asseoir. Les collines t'oublieront. Ton arc est là, attaché à k muraille, détendu. i

» Tu étais svelte, d Morar, comme un chevreuil sur la colline, teriible •comme le météore qui brille la nuit au ciel. Ton courroux était un orage; ton glaive dans le combat était comme l'éclair sur labruyère; ta voix semblable au torrent de la forêt après k pluie, au tonnerre roulant sur les coUines lointaines. Beaucoup tombaient devant ton bras, la flamme de ta colère les oonsumait. Mais quand tu revenais de la guerre, ta voix était ^^^^^> ^^^ visage semblable au soleil après l'orage, à la lune dans k nii\^ .^esitV&uae» tou seîu 4»dme comme le kc quand le kruit du vent est apaisé^

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ûi4iqHent;À>l?oiLtdiii d^AMeur^klaBqliefui 4ï( puiwwit Monur. Tp q'iifi pas 4e xnèrDfMW tP 9l9iis^»jm^'am«Ate4i^«rme.4^8 Jarw^sur toî, GUf>M wurt^ .ceUe^Ui 4^ dfma 1^ jpur; eDA.«8i i9pnMi^t.)« fiUe d^ )li»qgl|Ln.

» Quel est ce vieillard appuyé sur son bâtoki? qui est-il^ cet honipie 4mt la tète est blanche et dont les yeux sont rougis par les larmes? Cest ton père, 6 Morari )« p^ d^new «ptr^^ ^, ji «gt^^it aawent i^to 4fii la viaÛliiBce, des ennemis tombés sous tes oqnw; ili^f^içodiAta glpîre de ]K(ll:ar^4^î pouvquqi a-VilfiftUndu 4» fb»t|iî Pif MW. .flèl» 4^ Monx^ flftp»G^l JfW» too 81a ne r«Ale»d pc^ fc£ voQW^ dea i|Kirl^ M piiQft>wi ; \%¥^ ^r^ifkfi 4a poiMaièae est ei^u«é ;b9a. 4 9'apt^f^ plua im9^ ta. voix, il j(^ i^.T^fâViWL d^mk ta ?oû« QhlfMiBd lûtnit.jow:ai|tmî^4» PMurdÛ^^Jiçalviqi^ : cR^^e-tiii!«

^ ^diiei, Aa pHis^P($reuii dfs t^ip^l ad^^• g»w;t^ l^aH^! jamais plu» le cteipp da MaiUe m te ^aiva; jwa^ pl|^ Ha 9Q|P)i|3^. IpM^tt QP bnUeva de l'Mafcdia i«p iK^ar- Tm n'aa i^s^ ayc^p fii|, i^ u^ ^wMa.fiimiarveKODt top iimnii \f». Umf% Mm Q^te9t4l^f mi^ i^ \^K <^ comn^^w^ Wonir i »

< Û9.gMeixieç9,s'afi(Û(gàr^ti Joms> Armia çurjkitMt poussa d^ douloureux soupirs. Ce chant lui rappelait ^vssi à liU ,)a mort d'u^ fils, et le ramenait aux jours de sa jeunesse. Carmor était près du héros, Garmor, le prince de Calmai. « Pourquoi ces sanglots, dit-il? est-ce ici qu'il faut pleurer? La musique » et les chants ne sont-ils pas pour fondre Tâmeet la ranimer? Le léger nuage ^ 4a hi^oiMIt^d w s^^va ivL \»ç^ \mh^ a«r )4,T^^ ^t bumacte 1^ fleiirs; et » à.riiMita^t 1^ 9QMI revient. (L^s m torç^y disfi\pe 1q ^^D9u|)laf4i, çt las.Qmrs » r^n^4ûmiL Paurq^ai<eftHH 4 W^ P 4WW î ^4W rè^ç^ ^ Goçma,. j»qH'^¥ÎC(W^^9Ql^)» ...*.,

« Oui, je suis histe, et j*8i bien des 'raisons' dé l^èfre. Canaor, ta n*as jMnnt perdu de fils! tu n'as pas perdu de fille éclatante de beauté! Le brave Colgar vit, et Amira aussi, la plus belle des femmes. Les branches de ta race fleurissent, ô Garmor; mais Armin est le dernier de sa souche! Ton lit est noir! d Daàr&l sônakacasl tan sommett dana.ie t0w(fcaau{if .q»<gri la»Té¥<riH|gis^la avec tas dMimta,a«aoHa< voit mâadîeutt? Levaa-voaa, vents daraatooN»^! soniBet, sottfEteastivrsÉMUisabniyève! écpoMo; tonraata deila toêU hwtes,.a«ri^aiis, à U oime des dièiisa! loyage k intf ars 4e« nuages 4MM%^ ù Liina4 moetre et cache alternativement ton pâle visage ! rappelle-moi la nuit terrible ou mes attftmas pëvirsnb, oii Ai&adal le fort tsinha, ou ^'éAeigitit dawra ta oiiém!

» Daara, ma fille, tu étais bella, beUe compa la Liw^ sur les aslUaea de Fuva, blanche coaune h. naige. tombât àtmo^ ^(mme^M aouCB^ dil «alin. Arindai',' Ion «0c était iart, ton javalptiKapida dai^s le^ airn^ toai lagaed aamne la nue^qvi presse les ilotsi Ion batialiair comma ua Quafts de fau dans Tan^.

' » Annav; fiameqx dans.ks oosnbats^ Yiat, ree^cN^ r«nomr de Daiirv «t fot bientôt abné. Leurs amis étaient )ayaiix et pleins d'aspéraoea.

» Erath, fils d'Odgaâ^ frémissait de raea^.car soa frècQ avait été tué par

Aman. |l.lliit)i)4wM «i )«MiBiii*aa ibanpié 4MbÉMkmk 1éri«gti0^,/(f awf tau /*^1WW^ WwWfî W**«*^ ii^iiiiMigeitéliiii«f»é itt«4wiqaato.

» conduire >ur;esflytsrqylai^.» . ,,^ ^, ,,j. .,^.|...j ,, ..||.. ^ ,.,,. ' r ÉÛé ^ alla; elle appert AfnMUP^ I^ voix du VQçl^^i ^plp^ Ijfj ^r^fl^Uj^ « Ariiàar', moti ami, mon am&nt', pourquoi nie tourmènîes-tu ainsi? Ecoute^ » moi dpnc> fils d'Amathl épute-mpi. Cest.pauraqui j^'aj^jy^j, » ' ' » Êraîh^ lé irâSfre, fb^âlt en'rknt vèriî la leri;e. iffi^ élevait* pa ^vçlj^ eUe j^^ pelait éon pèté et son fÂté : « Ârïnd'a); Aî^mî aiiçùn ^e vous ne,v|endr^-t-^ » dow^saureï'saDatirà? »' *' '." " *' * " ,' '\ ' * " ' " ' . ,^

ji 'èaToftiraversà la ibier; Arihda!, mm flfs^ descendit d^ la çdlfine/coi}vert du butin de sa chasse, ses flèches retentissant à son côféj son arc à là main, et pi^(^ doffues npin ai^our de lui. 11 ap^^t Vi^f^rf^^f^ Ù^fi^^ le rivage, le saisit, éf Fehciiaîna, entourant fortçn^ent aps tois pi t^fjfl^V^i étro^ tement les fiehs autour de se^ banches. Erath,' auisi encnainé, remplissait les^ airsdem'gëiliisseitkéilM.'' " '" ' • ' ' /' ' '' ' *''• *'..•", !

o iliriiiàal pottss^ kt bkique énk lar^, et t^ësààk' yérs 'Dkura. T6ût4-cou^ Aimar sunâsnt furiebr ; il déooehe «nd iflèchef le^iM Àffta et tMnha dans toii ccmr^ ft AÂniJ4t'i«ion fib I 0 ; monflli,. ta périt^dtf : toup de^tihë "à Éralh. Ub terquj^ i§iUQig9it 1^ J'acli9r,«t f n^ mtaie tMi^ iM^ de V)ni^itr&.Çpulfi.tàte^pi^,<^;D»i^!.{[tM|l)e.M.t^ > t

» La ^^ue fut i>rip^^ JÇs,flQM J'f^pi(<,i^.|.Al^ t^ RréflipMa 4an$ lu mer,^ur stoiver sa Ç^u^. ou fpo^u^ir,, Swdain.,ttf^.f;9MP^yeflt4qip%| 4d |^ couine sur les flots ^ Ai*^Âr est subn^erg^, et ne rep^^ j^u^ . > , ^

D J*ai entendu les plaliites de ma 'fine, se désolât sur 1q ro^çhe^ battu d^ vtigùes': seâ'cri^ ^é^t aigiis, et revenSiient ^îîs'cess^; efspn peré né pouvait rien l^r èlle^ Toute fe-ftiît je restai' ïJùr le rivj^ê^ie^lia' voyais W faibles T{ryontdâ'lfiiliine; tottte la nuit f eiiteiidfis ies cris;ie^tent'soiffflait, et la pluie 4omlMiit'{Mi4orrerilBL^vi»xde(irint iûble«Mrant^(fnéfa matin parût, et finit par s'ëiaqf)Mte, crwioe la «patte du.épir.dails •l'bette'des meheri. ' Épuisé» par la ^)^qV/6U^i¥^WiUW4 Uàss^ Armînaeldj JlhpfaiK» dans la. guerre est passés^ i\Mjn.,9rgU€*l<|^m,^t.^wl¥|.. . . : v j .^ m; ^ .i.>: • .ji

» Lçf^^ Içs orî^9 .^Q3|cçp^ejit ^.lf,in^^ig^^, lor^ime^lfTieftiiU^ 9W^ soulàve les^ots, je m assieds, sur. 1^ riv(|^ rete^if^L et j.e rça%r4f 1^ ^n^iWf^' rocher. Souvent, quand la lune con^imeWe a renaître ^i^ Iç ^i/^, j'^f^vçpi^ dans le clair-obscur les esprits de mes epfj|Qts marchant ^n^embl^ d^^^ ^"Ptriste conéorde. » ' 'î- •. .jJ -• .

Un torrent de lârna^siqui çovj^^çs jeu^ 4ft/;ï^a^lfl^ç^.çt qui.wpl9g»f son cœur oppressé, interrompit la iç^i^rç dçi W^rtbi^p,, Ijl J^tj^ le, ipstr-

.>ropre infortune d^qs la djcstipee de^ hefj)^^ 4',Q^kû v*^iV> «(W»^W4 énsenjble,^ et leflf?. IaNe8.se;/c9nfon^.^fiJfjJ.. ^^^

tm WEaTUE».

Wertbdr ae^coHèreiiisiir le bm de ehariotto, et lebrûlaiinL EUéfK* weàn^ etiiiNiktl «^éloigner; maieta dooleûr ei> te eotnpassion la teiiatenl «nebafliiëe/ comme si om masse de plomb eùi \iesé sut elle. Elle chércha/ett miflbqusint; à se remettre, et en sanglôtanietle le pria de contimier; elle le priait d*une voix céleste. \Verther IrèmbLiit, soaseiii TOQlait s'buvrir'; il ramassa ses'ctianls, èt'lut d'jùqe voix ei)tj(ecoiipée :

« Pourquoi in*éveiQes-ii]^ souffie du prinlefuef T |u jqne C9f^e^^,ei dis ^ « Je suis chargé de la ros^ du ciel: » m^is le \m^ <l^^f9^ l|fSlrissun$.é$t proche; proche est Torage qui abattra mes feuilles. Demain viendiiatlc yo^'^eyr, viendra celui qui m^a v,u dans ma beai^té; s^n f^^U^me chercha autour à^ lui, il me cherchera, et ne me trpuver«^ point. »

Toute là fbrce de ces paroles tomba sur rinfôrtûné. 11 eu fui accable. Il se jeta aux pie^si de Charlotte dans le dernier désçsppir; il lui prit les mains, qu'il pressa contre ses yeux, contre son froat< U sembla à Charlotte qu'eue sentit pasfçr dans son. Ami» ua f^ressentimepidu projet affreux qu'il avait focmé,. Sea sens ae.tvottblèrentç elle lui serra les mains, J^ pressa çoi»tn»eoti sein; elle se penlcha vers lui «v^c attendrissement, et leur» joues fcpûlaiites se touchèrent: L'unrtèrs s'anéantît pour eux. Illa prit dans ses lif as, la serra contre son cœur, et com-rif ses lèvres. tremManlés^et tyalbtitiàntes de l>aiter8 furieux. « Werther ! dit-elle d*unè vofx étoutTée et en se détournant, Vl^erlhpr ! » Et d'une main faible elle iâchait de Técart^de son sein, ^ Werther! » s'écria- 1-ellé enfin du ton| le plus imposapt et le plus noble* Il ne put j tiçnir. II la laissa aller/le /ses bras, et se jeta à terre cte«int eUepomme uif fer- .^ené. Elle s arr^ha ctelui, et, taule troublée, tremUant^MUieramofr ^t la colère, elle lui dit s, « Voilà laidernière lois, Werther S vous ne me verrez plus.» .Et (mis, jetaût sur le malfaearetax' un regard pl^ d'amour, elle courut' da»s la ehambre volume, et s^y enferma*. Werther lui tendit les bras, et n'osa pas la retenir. Il était {^r terre, la tète appujée sur le canapé, et 11 demeuhi plus d'une demi-heure dans cette position, jusqu'à ce qu'un bruit qn'il entendit le rappela à lui-irièiiie : •c'était la servante qui venait mejtlre le couvert. Il alI-ût et venait dans lu chambre; et, lorsqu'il se vit de nouveau seul, il s'approcha do la porte du cabinet, et dit à voix basse : « Charlotte ! Charlotte ! seulement encore un mot, un adieu. » Elfe garda le silence. Il attendit, il pria, puis attendit encore; enOri il s*af*racha de celte porte* en s'écriant : « Adieu^ Charlotte ! adieu pour jamais I »

n se rendit à la' porte de la ville. Les gardes, qui étaient accoutumés à le voir; le laissèrent (iasser èans lui rien dire. Il tombait de lia neige fondue. i\ ne rentra qtte vers les onze heures. Lorsqu'il revint à là maison, son' domestique remarqua qu'il n'avait jwirit de chapeau j il n'osa i'enf faire aperceVbir, U le déshabilla : tout était mouillé. On ia trouvé

WERTHER. 56f

ensuite son chapeau sur un rocher qui se détache de la montagne et plonge sur la vallée. On.ne conçoit pas comment il a pu, par une nuit obscure et pluvieuse, y monter sans se précipiter.

Il se coucha, et dormit longtemps. Le lendemain matin, son domestique, quand son maître l'appela pour lui apporter son café, le trouva à écrire. Il ajoutait lé passage suivant de sa lettre à Charlotte :

« C'est donc pour la dernière fois, pour la dernière fois que j'ouvre les yeux I Hélas 1 ils ne verront plus le soleil; des nuages et un sombre brouillard le cachent pour toute la journée. Oui, prends le deuil, ô nature! ton fils, ton ami, ton bien-aimé, s'approcha de sa fin. Charlotte, c'est un sentiment qui n'a point de pareil, et qui ne peut guère se comparer qu'au sentiment confus d'un songe, que de se dire : Ce matin est le dernier ! Le dernier, Charlotte! je n'ai auchpe idée de ce mot; le dernier! Ne suis-je pas là dans toute ma force? et demain, couché, étendu sans vie sur la terre ! Mourir ! qu'est-ce que cela signifie? Yoistu, nous rêvons quand nous parlons de la mort. J'ai vu mourir plusieurs personnes; mais l'homme est si borné qu'il n'a aucune idée du commencement et*de la fin de son existence. Actuellement encore à moi, à toi! à toi I ma chère; et un moment de plus... séparés. . désunis... peut-être pour toujours ! Non, Charlotte, non... Comment puis-je être anéanti? comment peux-tu être anéantie? Nous sommes, oui... S'anéantir! qu'estr-ce que cela signifie? C'est encore un mot, un son vide que mon cœur ne comprend pas... Mort, Charlotte! enseveli dans un coin de la terre froide, si étroit, si obscur! J'eus une amie qui fut tout pour ma jeunesse privée d'appui et de consolations. Elle mourut, jeTsuivis le convoi, et me tins auprès de la fosse. J'entendis descendre le cercueil; j'entendis le frottement des cordes qu'on lâchait et qu'on retirait ensuite ; et puis la première pelletée de terre tomba, et le coffre funèbre rendit un bruit sourd, puis [Jus sourd, et plus sourd encore, jusqu'à ce qu'enfin il se trouva entièrement couvert! Je tombai auprès de la fosse, saisi, agité, oppressé, les entrailles déchirées. Mais je ne savais rien sur mon origine, sur mon avenir. Mourir! tombeau ! Je n'entends pointées mois!

oOhI pardonne-moi! pardonne-moi! Hier I. ..C'aurait dû être le dernier moment de ma vie. 0 ange ! ce fut pour la première fois, oui, pour la première fois, que ce sentiment d'une joie sans bornes pénétra tout entier, et sans aucun mélange de doute, dans mon âme : Elle m'aime I elle m'aime ! Il brûle encore sur mes lèvres, le feu sacré qui coula par torrents des tiennes ; ces ardentes délices sont encore dans mon cœur. Pardonne-moi I pardonne-moi !

» Ah! je le savais bien, que tu m'aimais! Tés pturiiv^^ Teçatàs^ces regards pleins d'âme, ton premier serrement de tt\^.^ tcs&^^W™^^^'>

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