CHAPITRE XXV
Le Psssé, le l¥éieau l*À«eflir, provIeDiièM de ee qiTU y t troie eneinee rMHee déni TÈke,
Dieu n'a-t^il pas créé tous let ètr» comme l'homine a créé la machkiek vapeur? Tevte» nos sciences modernes , en nous montrant ^ne la Création a été iueeeawe, semblent le prouver. Uen , dans la Créa* Hon, s'est servi et contûtue de se servir des résultats antérieurs de la vie pour produire des êtres nouveaux.
Mais bornons-nous à considérer l'acte même de la Création, cet ade qui, dans l'exemple qoe nous venons de choisir, produit un Fait avec on autre Fait, au moyen d'une Idée.
N'est-ii pasévidient que ce qui est cause qu'un Fait, an moyen d'une Idée, donne lieu à un autre Fait, c'est que, dans l'Être, ces trois choses coexistent?
Sans doute le Fait antérieur se distingue de l'Idée qui surgit, et du Fait consécutif ; mais c'est par une abstraction. Car ce Fait peut-il se séparer de l'Idée qu'ii engendre? Et de mèoie, peut-on séparer, autrement que par l'abstraction, le Fait consécutif de l'Idée qui, par sa ria* Itsation, le produit, et du Fait antérieur dent il est la métamorphose?
Leibnitz a dit : Le Présent, engendré du P4usé, mI gros de l'Avenir, U faut aller plus loin que Leibnilz, il faut dire : Passé, Présent, Avenir, ne ferment ontoiogiquemest qu'un seul être. Car le Présent n'est pas seulement engendré du Passé, il renferme en fan le Passé ; le Préeent, c'est le Passé qui se transfigure. Et de mdme TAvenir sera encore ce Passé transfiguré; puisqu'il sera la métamorphose du Présent Comment donc distinguons*nons le Passé, le Présent, l'Avenir? Parce qu'il y a dans l'Être trois autres choses réelles, dont le Passé, le Présent, l'Avenir, ne sont que tes figures» Ces trois choses apparaissent dans Facte éternel de la Création. La Pensée naît an sein de llËtre, et voilà le Passé distingué du Présent et de l'Avenir. Le Passé, transfiguré par ridée qu'il vient d'engendrer, devient le Présent, lequel se distingue par là même du Passé; et ce Présent, ainsi fécondé par l'Idée, est en efltbt, comme dit Leibnits, gros de l'ATenir.
Ponc, sous ces noms de Passé, Présent, Avenir» qui ne sont que les noms des formes (ugitives de l'Être dans son éteraeUe métamorphose, il nous tant distinguer trai$ es$ence$ rieltee dans l'Être, le fait emU^ rieur, ïldée, et le Fait eucceêsif. Ces trois-là vivent et coexistent, tan* dis que les trois dont Leibnitz a vu le rapport ne sont que des formes.
CHAPITtB XXVI.
Notre «IBimaUaii.
Ainsi :
!<" Nous nous somtnea posé cette question : Comment s'accomplit le Progrès dans fifumamté? comment s'opère la Perfectibilité?
Et nous avons répondu :
Par la naissance, au sein de l'Humanité, (T Idées qui se réalisent et s'incarnent.
L'Humanité, dans son évolution, est donc à la fois, à chaque instant de la durée, triple et une; ella est un Fait qui engendre une Idée, laquelle, avec le Fait antérieur, produit un nouveau Fait. Il est impossible de ne pas distinguer dans l'Humanité ces trois choses, et il est impossible de ne pas reconnaître que ces trois choses coexistent ontologiquement dans l'Humanité.
2^ Nous avons fixé notre attention sur un des progrès accomplis par l'Humanité , et nous l'avons choisi à dessein dans Tordre le plus matériel, c'est à-dire où notre propre substance n'intervient pas comme sujet. Nous avons pris l'invention de la machine à vapeur, nous aurions pu prendre toute autre découverte de l'industrie; et nous nous sommes posé de nouveau* h question : Comment s'accomplit le Progrès?
Et nous avons répondu :
Par un Fait, qui engendre une Idée, laquelle, avec le Fait antérieur, produit un nouveau Fait.
Ce que nous avions d'abord affirmé du Progrès en nous, nous l'avons retrouvé ensuite dans le Progrès opéré par nous.
Donc, subjectivement et objectivement, de quelque progrès qu'il s'agisse, progrès intellectuel, moral, ou physique, nous retrouvons toujours ces trois termes, unis et coexistants dans la création, dans l'être, dans la vie : Un Fait, qui engendre une Idée, laquelle, avec le Fait antérieur, produit un nouveau Fait.
Appelons le Fait primitif Réalité, l'Idée qu'il engendre Idéal, et l'Effet successif Progrès. Nous aurons pour formule de la Perfectibilité :
RÉALITÉ -^IMAt -- PROGRfiS.
Et nous serons forcés de dire qu'ontolQgiquement ces trois choses coexistent et n'en forment qu'une.
Maintenant, voyons ce qu'a affirmé le Christianisme.