‹ Œuvres de RabelaisChapitre 215 sur 231 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

COMMEKT BRIDOYE EXPOSE LES C.\USES POUR OUOY IL VISITOIT ^ LES PROCES qu'il DECIDOIT PAR LE SORT DES DEZ

« Voyre mais, demandoit Trinquamelle, mon amy, puis que par sort et ject des dez vous faictes vos jugemens, pour quoy ne livrez vous ceste chanse le jour et heure propre que les parties controverses comparent par davant vous, sans aultre delay? De quoy vous servent les escriptures et aultres procédures contenues dedans les sacs- — Comme à vous aultres, Messieurs, respondit Bridoye; elles me servent de trois choses exquises, requises et authenticques.

« Premièrement pour la forme, en omission de laquelle ce qu'on a faict n'estre valable prouve très bien Spec. I. Ht. de instr. edit. et Ht. de rescript, prœsent. D'adventaige vous sçavez trop mieulx que souvent, en procédures judiciaires, les formalitez destruisent les materialitez et substances. Car, forma mutata, mutatur substantia. ff. ad exhihend. l. Julianus ff. ad kg. falcid. l. Si is qui quadringenta. Et extra, de decim. c. ad audientiam, et de célébrât, miss. c. in quadam.

« Secondement, comme à vous aultres, Messieurs, me servent d'exercice honeste et salutaire. Feu M. Othoman Vadare, grand Medicin, comme vous diriez. C. de comit. et MYchi. îib. XII, m'a dict maintes foys que faulte d'exercitation corporelle est cause unicque de peu de santé et briefveté de vie de vous aultres. Messieurs, et tous officiers de justice. Ce que tresbien avant luy estoit noté par Bart. in l. I C. de sent.quœ pro eo quod. Pourtant sont, conmie à vous aul= très, Messieurs, à nous consécutivement, quia accessorium naiuram sequitur principalis, de regulis jiiris l. VI. et § /. cum prîncipalis, et l. nihil dolo. -Q. eod. tit. de fjdejusso l. fidejussor. ei extra, de offic. de leg. c. i concédez certains jeuz d'exercice honeste et recréatif, /f. de al. lus. et aleat. l. soient ; et authent. ut omnes obediant in princ. coll. 7 et ff. de prœscript. verb. l. si ^ratuitam ; et Iib. 1. C. de spect. Iib. XI. Et tel est l'opinion D. Thomœ in secunda secundœ qucest. clxviii, bien à propous alléguée par D. Albert, de Ros., lequel fuit magnus practicus et docteur solennel, comme atteste Barbatia in prin. consil. La raison est exposée per gloss. in prœmio. ff. § ne autem terti '.

Interpone tuis interdum gaudia curis.

« De faict, un jour, en Tan 1489, ayant quelque affaire bursal en la chambre de Messieurs les Generaulx, et y entrant par permission pécuniaire de l'huissier, comme vous aultres. Messieurs, sçavez que, pecuniœ obediunt omnia, et l'a dict Bald. in l. Singularia ^. si certum pet. et Salie, in l. recepii.ia. C. de

constit. pec et Card. in Clem. I. de hapiis., je les trouvay tous jouans à la mousche par exercice salubre, avant le past ou après, il m'est indiffèrent, pourveu que hic not, que le jeu do la mourche est honeste, salubre, antique et légal, a Musco inventore de quo C. de petit, hœred. l. si post mortem. et Muscarii. i. Ceulx qui jouent à la mousche sont excusables de droict 11 C. de excus. artif. lih. X. Et pour lors estoit de mousche M. Tielman Picquet, il m'en soubvient et ryoit de ce que Messieurs de ladicte chambre guastoient tous leurs bonnetz à force de luy dauber ses espaules ; les disoit ce nonobstant n'estre de ce deguast de bonnetz excusables au retour du palais envers leurs femmes, par c. I extra, de prœsumpt. et ihi gloss. Or, resolutorie loquendo, je dirois, comme vous aultres. Messieurs, qu'il n'est exercice tel, ne plus aromatisant en ce monde Palatin que vuider sacs, feueilleter papiers, quotter caycrs, emplir paniers, et visiter procès, ex Bart. e Joan. de Pra. in l. falsa. de condit. et demonst. ff.

« Tiercement, comme vous aultres, Messieurs, je considère que le temps meurist toutes choses : par temps toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de Vérité, gloss. in î. 1. C. de servit. Authent. de restit. et ea quœ pa. et Spec. tit. de requisit. cons C'est pour quoy, comme vous aultres. Messieurs, je sursoye, délaye et diffère le jugement, afin que le procès, bien ventilé, grabelé et debatu, vieignc par succession de temps à sa maturité, et le sort, par après advenant, soit plus doulcettcm.ent porté des parties condemnées, comme not. gloss. ff. de excus. tut. l. Tria onera.

Portatur Icvitcr quod portai quisque libentcr.

Le jugeant crud, verd, et au commencement, dangier seroit de l'inconvénient que disent les Medicins advenir quand on perse un aposteme avant qu'il soit meur, quand on purge du corps humain quelque humeur nuysant avant sa concoction. Car. comme est escrit in Authent. hœc constit. in Innoc. cons-

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ît. princ. et le répète, gl. in c. Cœteriim extra de jura, calumn. Quod medicamenta morbis exhibent, hoc jura negotiis.

Nature d'adventaige nous instruict cueillir et manger les fruictz quand ilz sont meurs, Instit. de ter. div. § is ad qiiem. et ff. de act. empt. l. Julianiis : marier les filles quand elles sont meures, ff. de donat. inter vir. et uxor. l. cum hic siatiis. § si qiiis sponsam. et xxvii, q. 1. c. Ciciit dict gloss.

Jam tnatura ihoris plcnis adoleverat annis Virginilas.

Rien ne faire qu'en toute maturité, xxxiii, q. i. § iilt. et CLxxxiii. d. c. idt. »

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