XXX VIE DE RABELAIS
les détails dans une pièce de vers latins au cardinal de Tournon^. « Là prennent place ces hommes qu'on a nommés avec raison les lumières de la France : Budé, le premier de tous par la science; Bérauld, à l'esprit supérieur, à la parole facile; Danès, illustre par les connaissances les plus variées ; Toussain, surnommé la bibliothèque vivante ; Macrin, pour qui l'art des vers n'a point de secrets ; Bourbon, riche également des trésors de la poésie ; Visagier, qui donne aux savants de si belles espérances; Marot, ce Virgile gaulois, qui a le souffle divin de l'inspiration poétique ; enfin François Rabelais, honneur et gloire de la médecine, qui peut rappeler les morts des portes du tombeau et les rendre à la lumière. »
Pour ces lettrés Rabelais n'est pas un ami de rencontre. Ils le tiennent pour un des leurs et lui font place dans leurs œu\Tes. Visagier — mais il reviendra de cette bonne opinion et prendra violemment Rabelais à parti aux alentours de 15382 — le défend contre Scaliger dans une épigramme latine (1536). Marot le cite en bonne compagnie dans sa réponse à Sagon sous le nom de Frippelipe, son valet (1537)
Je ne voy point qu'un Saint-Gelais*, Un Heroet, un Rabelais, Un Brodeau, un Sève, un Chappuy, Voy sent escrivant contre luy.
Nicolas Bourbon lui adresse une pièce pour le charger de saluer trois personnages retenus à la cour par leurs fonctions : Mellin de Saint-Gelais, Guillaume Lateranus, Guillaume du Maine (1538).
Ces témoignages de la notoriété croissante de Rabelais, aussi bien comme poète que comme humaniste, se multiplient étonnamment après 1537. Ce voyage d'Italie, où il a été mêlé à de grands événements politiques, où il est entré en relations avec des personnages notables des deux