‹ Œuvres de RabelaisChapitre 24 sur 231 · VIE DE RABELAIS XXXI · texte numérisé non relu

VIE DE RABELAIS XXXI

nations, l'a mis en vedette. Gilbert Ducher, dans une épigramme à la philosophie (1538), le cite parmi les fidèles de la science divine :

In primis sane Rabelassuiu, principem eundem Supremura in studiis diva tuis sophia.

Jean Bouchet, comme Marot, le rime à Saint-Gelais (ép. cxx) :

Telz loz sont deuz à l'abbé Sainct-Gelais, Marot, Sagon, Brodeau et Rabellaiz, Macault, Colin, et aultres en grant nombre.

Pau] Augier, de Carentan, dédie ses vers : « à très scientifiques poètes Marot, Sainct-Gelais, Heroet, Salel, Borderie, Rabelais, Sève, Chapuy et autres poètes ».

Ces lauriers poétiques, qui ne laissent pas de nous surprendre^, n'empêchent pas Rabelais de se livrer à l'art de la médecine. Frustré de son espoir de bénéfice ecclésiastique,— toute sa vie il caressera ce rêve pour le réaliser, et combien modestement ! quelques années seulement avant sa mort, — il repart à Montpellier pour se faire conférer ses derniers grades. Le 3 avril 1537 il acquitte les droits de licence 2, le 22 mai sous le patronage d'Antoine Griphe il est reçu au doctorat. Cette collation de grades confirme sans doute des titres antérieurement acquis à une autre faculté, car le médecin de du Bellay s'intitule « docteur» depuis 1533, non seulement sur des publications facétieuses comme les Almanachs de 1533 et 1535, mais sur des pièces officielles comme les Suppliques au pape Paul IIP.

Dûment pourvu de son investiture, le nouveau docteur de Montpellier daigne faire quelques cures merveilleuses dans le midi de la France, dont sont témoins « Narbonne et les rivages de l'Aude », puis il revient à Lyon exercer son art.

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