LXIV BIBLIOGRAPHIE
supérieure à celle de Pantagruel contre le roi Anarche, Loupgarou et ses géants. Mais, d'autre part, le personnage de Panurge, qui deviendra bientôt le héros véritable du roman satirique, est une création qui a dû hanter le cerveau de son auteur, dès qu'elle y fut née, et qu'il aurait difificilement abandonnée pendant tout un livre, après l'avoir lancée dans le monde. Et je crois que cette dernière considération, pouf tout, esprit sagace, est relie qui aura le plus de poids.
En résumé, les difncultés que présente cette question tiennent précisément à ce que nous n'avons pas l'édition princeps du Gargantua. L'hypothèse la plus probable est encore la plus simple : c'est que les deux premiers livres, composés à peu près en même temps par l'auteur, ont paru dans leur ordre naturel et à peu de distance l'un de l'autre. Jusqu'à nouveau renseignements, l'opinion vulgaire n'a donc pas à se corriger.
Disons en outre que ces ouvrages, à peine parus, furent accompagnés de parasites dont il est malaisé de les séparer, si l'on ne vérifie point cette marque de fabrique qui est le génie de François Rabelais. On trouve dès 1538, joint aux deux premiers livres, le Disciple de Pantagruel, facétie fort indigne de Rabelais, à qui on l'a quelquefois attribuée mal à propos. Cet opuscule, sous différents titres, « Navigation de Panurge disciple de Pantagruel, es iles incogneues et estraages, » ou « Voyage du compagnon de la bouteille, etc., ■» se joint, du vivant même de Rabelais, tantôt à rœu\Tre rabelaisienne, comme dans l'édition d'Etienne Dolet en 1542, tantôt aux réimpressions du roman populaire, comme dans la Vie admirable du puissant Gargantua., éditée à Paris en 1546.
Il est curieux de constater que, bien avant la publication du troisièm-e livre de Rabelais, on s'empare de ses personnages pour les lancer dans une expédition à travers des pays fantastiques. On devance ainsi l'auteur qui doit donner une fin semblable à son roman, soit que tel fût déjà son plan et qu'il en eût transpiré quelque chose, soit que lui-même ait au contraire marché dans la voie que lui traçait un faible imitateur.
Vo^'ons m.aintenant la suite des éditions originales des deux premiers livres.
Après l'édition du premier livre antérieure à 1535 (exemplaire sans titre), et celle de 1535 dont il a été question, il faut mentionner l'éditioQ de 1537, chez François Juste :
— I^ vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel, iadis composée par l'abstracteur de quintessence. Livre plein de pantagmelisme. M. D. xxx\Ti. On les vend à Lyon chés François Juste, devant nostre dame de Confort, in-i6 gothique de 119 feuillets.
Pour le deuxième livre, après l'édition in-40 gothique de Claude Nourry (sans date), et celle de 1533, dont il a été question, il faut mentionner : L'édition de Paris, sans date :
— Pantagruel. 1| Les horribles et espouentables faictz et prouesses du très renom !1 me Pantagruel roy des Di i; psodes filz du grant ii géant Gargantua H Composez nouuel i! lement par mai 1| stre Alcofry Ji bas Nasier. On les vend au palais a \\ Paris en la gallerie par ou \\ on va à la chancellerie, pet. in-S° goth. de 104 fi. non chiffrés, à 23 lign. par page, sign. A. — X., titre^rouge et noir dans une bordure gravée sur bois.
L'adresse portée sur le titre est celle du libraire Jean Longis. La date en est ûxée à 1533, avec toute vraisemblance. L'édition de Poitiers, 1533, dite de Mamef :
— Pantagruel II Les horribles e* es H pouentables faictz et ii prouesses du très