‹ Œuvres de RacineChapitre 137 sur 197 · BERENICE,, TITUS , PAULIN, PHENICE · texte numérisé non relu

BERENICE,, TITUS , PAULIN, PHENICE

Bérénice.

r^jE vous offenfez pas , fi mon zèle indiicret

LN De vôtre folitude interrompt le lècret. n Tandis qu'autour de moi vôtre Cour afîèmblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée, Eft-il jufte, Seigneur, que feule en ce moment P Je

Je demeure fans voix 6c làns reflèntiment ? Mais , Seigneur , ( car je fais que cet Ami fincei Du iècret de nos cœurs connoît toutlemyftere. Vôtre deuil eft fini, rien n'airête vos pas, Vous êtes ' fèul enfin , Se ne me cherchez pas. J'entens que vous m'offrez un nouveau Diadêmt Et ne puis cependant vous entendre vous-même Helas! plus de repos, Seigneur, 2c moins d'écla Vôtre amour ne peut-il paroître qu'au Sénat ? Ah Titus ! Car enfin l'amour mit la contrainte , De tous ces noms, que fuit le refpedr.2cla craint) De quel loin vôtre amour va-t-il s'importuner? N'a-t-il que des Etats qu'il me puiflè donner ? Depuis quand croyez -vous que ma grandeur ir

touche ?

Un lbupir , un regard , un mot de vôtre bouche Voilà l'ambition d'un cœur comme le mien. Voyez moi plus louvent 8c ne me donnez rien. Tous vos momens font-ils dévouez à l'Empire? Ce cœur après huit jours n'a-t-il rien à me dire: Qu'un mot va raifurer mes timides eiprits ! Mais parliez-vous de moi, quand je vous ai fù:

pris?

Dans vos lecrets diicours étois-je interefîee, Seigneur ? Etois-je au moins prefente à la penfec

Titus.

N'en doutez point , Madame, Scj'attefte les Dieu Que toujours Bérénice eft prefente à mes yeux. L'abfence, ni le temps, je veus le jure encore, Ne vous peuvent ravir ce cœur qui vous adore.

B ERE n i c E.

He quoi ! vous me jurez une éternelle ardeur , Et vous nie la jurez avec cette froideur ? Pourquoi même du Ciel atteiter la puiflànce? Faut-ii par des fèunens vaincre ma défiance? Mon cœur, ne prétend point, Seigntur, vous dé mentir, Ë

It je vous en croirai fur un fimple fbûpir.

Titus.

Madame . . *

Bérénice.

Hé bien, Seigneur? Mais quoi, fans me répondre fous détournez les yeux , 2c iemblez vous confondre!

:Te m'offrirez-vous plus qu'un vifàge interdit ? Toujours la mort d'un Père occupe vôtre efprit? itien ne peut-il charmer l'ennui qui vous dévore ?

Titus.

lût au Ciel que mon Père , helas , vécût encore ? bue je vivois heureux !

Bérénice.

Seigneur , tous ces regret* ?>e vôtre pieté font de juftes effets:

Hais vos pleurs ont allez honoré fà mémoire, Tous devez d'autres foins à Rome, à vôtre Gloire: |>e mon propre intérêt je n'ofè vous parler. Icrenice autrefois pouvoit vous conibler. I.vec plus de piaiur vous m'avez écoutée. I»e combien de malheurs pour vous perfècutée lous ai-je pour un mot fàcriné mes pleurs? lous regrettez un Père. Helas , foibles douleurs! It moi ( ce fbuvenir me fait frémir encore ) In vouloit m'arracher de tout ce que j'adore, lloi , dont vous connoifïèz le trouble ôc le tourment, uand vous ne me quittez que pour quelque moment , toi , qui mourrois le jour qu'on voudroit m'in-

terdire 'e vo us . . . .

Titus.

Madame , helas ! que me venez-vous dire ? uel temps choifuTez-vous ? Ah de grâce! arrêtez. P 2. C'eit

C'efl trop pour un Ingrat prodiguer vos bontez^

Pour un Ingrat, Seigneur ! Et le pouvez-vous êtr< Ainii donc mes bontez vous fatiguent peut-être

Non , Madame, Jamais , puisqu'il faut vous parle Mon cœur de plus de feux ne fè fentit brûler. Mais . . .

Bérénice.

Achevez.

Titus.

Helas!

Bérénice.

Parlez.

Titus.

Rome... L'Empû Bérénice.

He bien?

Titus.

Sortons , Paulin , je ne lui puis rien di

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