‹ Œuvres de RacineChapitre 190 sur 197 · IDYLLE · texte numérisé non relu

IDYLLE

Tu rends le jour plus pur , 6c la terre plus beïïe*

Un plein repos favorifè nos vœux , Chantons , chantons la Paix qui nous* rend tous heureux.

Mais quelle main puiiîànte 8c fêcourable A rappelle du Ciel cette Paix adorable ?

Quel Dieu ièniible aux vceux de l'Univers A replongé la Difcorde aux Enfers ?

Déjà grondoient les horribles tonnerres

Par qui font brifèz, les remparts. Déjà marchoit' devant les Etendards

Bellone les 'cheveux épars, Et iè flattoit d'éternifer les guerres Que fa fureur fbuffloit de toutes parts.

Divine Paix , appren-nous par quels charmes

Un calme iî profond fàccede à tant d'allarmes.

Un Héros, des Mortels l'amour St-f^eplaihr,

Un Roi victorieux vous a fait ce loiiîr.

uT Un Héros, des Mortels l'amour 8c le phiur j Un Roi victorieux nous a fait ce loiiir.

Ses ,Ennemis o,#ènfez, de fa gloire

Vaincus cent fois, Se cent fois iùpplians, En leur fureur de nouveau s'oublians Ont ofé dans iès bras irriter la victoire.

Qu'ont-

SUR LA P A/l X 4^

Qu'ont-ils gagné ces Eiprits orgueilleux Qui menaçoient d'armer la terre entière ?

Ils ont vu de nouveau reilèrrer leur frontière.

Ils ont vu ce * Roc lourcilleux

De leur orgueil l'eipérance dernière ,

De nos champs fortunez devenir la barrière.

Un Héros, des Mortels l'amour 6c le plaihr, Un Roi victorieux nous a fait ce loiiir.

Son bras eir, craint du Couchant à l'Aurore, La foudre quand il veut tombe aux Climats gelez- s

Et fur les bords par le Soleil brûlez,. De fon courroux vangeur fur le rivage More La terre fume encore.

Malheureux les ennemis De ce Prince redoutable 1 Heureux les Peuples fournis A ion Empire équitable !.

Chantons, Bergers, 6c nous réjoui lions*

Qu'il Jfoit le fujet de nos fêtes.

Le calme dont nous jouïûons ,

N'eft plus fujet aux tempêtes.

Chantons, Bergers, 6c nous réjouïnonr.

Qu'il fbit le fujet de nos fêtes.

Le bonheur dont nous jouïlTons ,

Le flatte autant que toutes {es conquêtes*

V 6 De

* Luxembourz>

4<*6 IDTLLE SUR LA PAIX, De ces lieux l'éclat 8c les attraits ,

Ces fleurs odorantes ,

Ces eaux * bondiilàntes ,

Ces ombrages frais , Sont des dons de fès. mains bien-faifàntes^ De ces lieux l'éclat 6c les attraits

• Sont des fruits de {es bien-faits.

il veut bien quelquefois vifîter nos bocages ,

Nos Jardins ne lui déplaifènt pas.

Arbres épais , redoublez vos ombrages.

Fleurs , naifîèz, fous fès pas;

O Ciel, ô faintes Deftinées, Qui prenez loin de fès jours floriflâns

Retranchez, de nos ans

Pour ajouter à fès années*

Qu'il règne ce Héros, qu'il triomphe toujours. Qu'avec lui foit toujours la Paix, ou la Vi&oirec Que le cours de fès ans dure autant que le cours

De la Seine 8c de la Loire.

Qu'il règne ce Héros , qu'il triomphe toujours,.

Qu'il vive autant que fà gloire»

* la Cafcade de Sceanx,

Dl

Diverfes Remarques fur les Pièces de Thea* ne de Monjîeur de Racine..

Remarques fur la Theb^ide.

CEtte Pièce eft une des moindres de ce fameux Poète. On y trouve pourtant de fort beaux' endroits , 8c fouvent beaucoup de noblefîè dans les fontimens. Les Caractères y font ânes bien foivis ; mais il y règne une certaine molefTe , dont la plupart des Pièces de Racine ne font pas éxemtes , 8c même cette molleilè dégénère quelquefois en froid, Je ne làis 11 les connoifièurs ne trouveront pas Jocafte un peu pretieuiè. Antigone eft ailes aimable 8c d'un caractère touchant. Sa Vertu 8c iès malheurs préviennent pour elle. La converiàtion de cette PrinceiTe avec Hemon, ( Se. i. A. 2.) eft pleine de delicatefle. La Scène foivante Teft de fontimens élevés. Mais Jocafte ne £è plaint elle pas un peu trop amèrement ( Ac. ^. Se. z. ) d'être comme prédeftinée au châtiment pour des crimes involontaires commis par Oedipe? L'acharnement des deux frères eft ailes bien caracterife dans la dernière Scène du 4. Acte, Leur entrevue aboutit à une efpéce de cartel que Poîinice donne à Eteocle , pour fo batre enièmble en duel pour le Royaume. Ce cartel eft un peu Cavalier. Il eft donné 8c reçu devant une Mère : mais après tout ces deux Princes fe haïilbient trop , pour être capables de coniérver quelque reipect. Je ne fàurois entièrement aprouver la partialité que le Poète attribue à Jocafte pour Eteocle.

Pour le Monologue d'Antigone ( Se- 1. A. jv) V 7 on

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