‹ Œuvres de RacineChapitre 191 sur 197 · R JE M A R ^ U E S · texte numérisé non relu

R JE M A R ^ U E S

on n'y voit pas une douleur afîes dégagée de l'envie de parler avec efprit. Ses chagrins lui laifîènt le tems de faire des Antithefès , 6c j'y trouve quelqu'imitation de la Scène de Rodrigue dans le Cid du grand Corneille ; mais cette fameufè Scène n'eft prelque pas naturelle. Celle qui elt la 3. du f. Aile de la Thebaïde efl fort travaillée. Le combat funeite des deux frères eft très-bien décrit, mais les plus beaux traits de cette defèription font pris des anciens , Se fur tout de Virgile. Le récit de la mort de Polynice finit par ce dernier vers de L'Eneïde ,

. Vitaque cum gemiîu fugit indignât a fub umbras. JE/ [on ame en. couroux s enfuit dans les enfer*.

A l'égard de Creon , fbn ambition l'emporte de beaucoup fur l'amour ; 6c certainement la première pallion eft fi vive, qu'il y avoit lieu de douter que ce Prince dût mourir defèfperé pour la mort de la belle Antigone. S'il étoit paffîonné pour fa maitrefîè , il l'étoit encore plus pour k throne.

Remarques fur L'Alexandre.

Cette Tragédie a des beautés. Je la refpeclre 6c je l'admire. Les deux Héros de la Pièce, ( car il y en a deux , quoiqu'on puiflè dire , ) ont un Caractère de nobleflè 6c de grandeur , qui paroit d'abord Corneille tout pur. Il ne fèmble pas que hs Héros de ce dernier puifîènt mieux parler ; Se peut être que ceux de Racine l'emporteroient à à la fin , par une certaine delicateilè que Corneille méprifbit, ou qu'il ne connoifibit pas; fi l'Hiftoire ne dépeignoit Alexandre 6c Porus autrement

que

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