OLYMPE
OLympe , fbûtien-moi , ma douleur efl extourne.
Madame , qu'avez-vous ? & quel trouble . . .*
Ah ! mon Fils Quelles traces de iàng voi-je fur vos habits ? Eft-ce du feng d'un Frère , ou n'eft-ce point du vôtre ?
A f £te«-
îo LES FRERES ENNEMIS.
Non , Madame ., ce n'eft ni de l'un ni de l'autre^ Dans ion camp juSqu'ici Polinice arrêté, Pour combattre à mes yeux ne s'eft point présenté.
D'Argiens feulement une troupe hardie M'a voulu de nos murs diSputer la fortie. J'ai fait mordre la poudre à ces audacieux, Et leur JÉmg eft celui qui paroit à vos yeux.
Mais que prétendiez- vous ? ôc quelle ardeur Soudaine Vous a fait tout à coup descendre dans la plaine ?
Madame, il étoit temps que j'en uSàfîè ainfi, Et je perdois ma gloire à demeurer ici. Le Peuple à qui la faim fè faiSbit déjà craindre, De mon peu de vigueur commençoit à Se plaindre; Me reprochant déjà qu'il m'avoit couronné, Et que j'occupois mal le rang qu'il m'a donné,. Il le faut Satisfaire ; 8c quoi qu'il en arrive , Thébes des aujourd'hui ne Sera plus captive. Je veux, en n'y laiflànt aucun de mes Soldats > Qu'elle Soit Seulement juge de nos combats : J'ai des forces afïèz pour tenir la campagne j Et ii quelque bonheur nos armes accompagne, L'iniblent Polinice 8c &s fiers Alliez Laiiîèront Thebes libre , ou mourront à mes piez»
Vous pourriez d'un tel Sang, ô Ciel! Souiller vos armes ?
La Couronne pour vous a-t-elle tant de charmes ?
Sï par un parricide il la falloit gagner , ■
Ah ! mon fils, à ce prix voudriez-vous régner?
Mais il ne tient qu'à vous i\ l'honneur yous anime 5 De
TRAGEDIE, xr
De nous donner la Paix , iàns le fecours d'un
crime , Et de vôtre courroux triomphant aujourd'hui , Contenter vôtre frère , Se régner avec lui.
Appeliez- vous régner partager ma Couronne, Et céder lâchement ce que mon droit me donne?
Vous le fàvez , mon Fils , la juftice 8c le fàng Lui donnent comme à vous fa part à ce haut rang, Oedipe en achevant fà trifte deftinée Ordonna que chacun regneroit fon année; Et n'ayant qu'un Etat à mettre fous vos lois , Voulut que tour à tour vous fumez, tous deux
Rois.
A ces conditions vous daignâtes fouforire. Le fort vous appella le premier à l'Empire, Vous montâtes au Trône, il n'en fut point jaloux, Et vous ne voulez pas qu'il y monte après vous l
Non , Madame , à l'Empire il ne doit plus prétendre :
Thebes à cet arrêt n'a point voulu fè rendre , Et lors que for le Thrône il s'eft voulu placer, C'eft elle 8c non pas moi qui l'en a lu chafîèr. Thebes doit-elle moins redouter fà puiflànce , Après avoir fïx mois fènti fà violence ? Voudroit-elle obéir à ce Prince inhumain , Qui vient d'armer contre elle Se le fer Scia faim? Prendroit-elle pour Roi l'Efolave de Mycene, Qui pour tous les Thebains n'a plus que de 1».
haine; Qui s'eft au Roi d'Argos indignement fournis Et que l'Hymen attache à nos fiers ennemis Lors que le Roi d'Argos l'a choiû* pour fon Gendre,