‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 100 sur 134 · Botteau , petite botte · texte numérisé non relu

Botteau , petite botte

i. Bain.

Rondeaux. 239

^^,^.^ otalementdesnuéde pecune, [cune, i€^ |T^ D'or et argent, sans avoir bague avi-

-Js

1^ Tel je me voy povre et infortuné.

Et de malheur autant importuné Qu'oncq homme l'ut soubz le ciel et la lune. S'il m'advenoit qu'au besoing ung ou une Me feist ung don, soit-il noir, elle brune, Je ne serois loi-s de malheure né Totalement.

Ung mal sur moy, je voy que la Commune Tout mon vaillant el ne prise une prune. Par quoy me voy piteusement mené, -Mon cas congnu, et en brief démené , A mon honneur sa manière répugne Totalement.

essez, cessez, gendarmes et piétons, De pilloter et menger le bon homme Qui de long temps Jacques Bon- [Home se nomme, Du quel bledz, vins, et vivres achetons.

D'autant que nous et luy vous souhectons La corde au col, et que mort ^ous assomme.

24'> Rondeaux.

Cessez, cessez.

Gaiges en or, en monnoye, et lestons ' Du Roy avez en assez bonne somme :

Puis que par vous l'on pert repos et somme , Et que du ranc des meschans vous mectons, Cessez, cessez *.

LXXXXVII.

ubricité deffait et corrompt l'homme.

Jeunes etvielx eU'assault et degaste,

De retourner en enfance les haste,

^^vr^^^ Sainct Grégoire nous enseigne bien commt

Roys, Princes, Ducs, et cculxque je ne nomme

Subjectz à ce, les rend molz comme paste

Lubricité.

Grans et petis, riches, povres, en somme,

1. Le teston cliangea dv valeur et d'apparence sous les divers vois. Sous François 1er, il valoit di^; sous et quelques deniers. C'dtoit une pièce blanche , portant , d'un côté, les armes du roi ou de la ville qui l'avoit fait battre ; de l'antre, le nom de la ville ou la tête du prince.

2. Chateaubriand, dans ses Études historiques , cite les trois iiremiers vers de cette piî'ce comme appartenant à une chanson du xive si'eclc. JI. Michelct fait , après lui, la même citation, en se demandant, assez naïvement, si ces vers sont bien anciens. Il est évident que, sous cette forme, ils ne peuvent appartenir il la langue du xive siècle. Il est possible pourtant que Cliateaubriand n'ait pas toi't quant au fond de la chanson : nous avons vu déjà dans H. de, Collcrye plusieurs chansons anciennes mises en rondeaux.

Rondeaux 241

Suivans ce train, Mort mordante les tasto Et faict leur cueur devenir foible et mate En bien brief temps ; car ame et corps consomme Lubricité.

LXXXXVIII.

:^; rop mieulx vauldroit en tout temps e( saison '^ Vivre en soucy, que veoir en sa maison

Une putain méchante et desloialle, Laquelle endort, d'une voulentc maie.

Le sien seigneur soubz faincte trayson.

Son dict, son laict, n'est que toute poison; En elle n'a ne ryme ne raison , Congneu qu'elFest orde, puante et salle, Trop mieulx vauldroit.

De jour en jour pille, prent à foison, De luy souffrir ne donne l'achoison ', Veu que sur elle elle a la grosse galle ; Le sens y fault, si on ne la regale Comme ung larron que l'on tient en prison; Trop mieulx vauldroit.

I. De souffrir cela en elle, il n'y en a aucune raison, îitteadu, etc.

242 Rondeaux.

LXXXXVIIII.

eilleur moyen je ne sçaurois quérir Que vous prier de cueur, et requérir Faire ma paix, assés aisée à faire, Envers Monsieur, qui est de bon affair Et de vous deulx vostre amour acquérir.

Soyés certain, sans du cas enquérir, Ung plus grant bien je ne veulx conquérir Que sa grâce, pour mon plaisir parfaire Meilleur moyen.

Or de me veoir d'ennuy et dueil périr. Et de regretz mon cueur et corps ferir, Seroit assés pour du tout me deffaire ; Se j'ay mespris, content suis satisfaire, Et si ne veulx pourchas nul perquerir Meilleur.

'ung tel ennuy que je seuffre et

[endure.

Femme, fleur, fruyt, ne plaisante

[verdure.

Ne me sçauroient nullement resjouyr ; Faulte d'Argent me faict esvanouyr; .là long temps a que ce malheur me dure. Bource sans croix n'est que toute froidure,

Rondeaux.

Mon corps en est, do ducil, plain de laidure, Et faict mon cueur et mes yeux esblouyr,

D'ung tel enuuy.

Nul ne m'en croit, supposé que j'en jure ; Contraint je suis d'endurer s'on me injure ; Et qui pis est, on ne me veult ouyr.

Voyant cecy, j'ayme mieulx m'enfouyr Que me monstrer, en povreté, parjure

D'ung tel ennuy.

rgentjen'ay, or massif ne monnoye, Ne lard aussi, pour fricassermonoye, Dont je me sens pensif et esperdu !

Or ay-je bien mon joly temps perdu Veu que ne voy qui ma complainte oye.

Impossible est que je ne me dcsvoye, Car en maints lieux, tant en place qu'en voye. Dis et maintiens , comm'ung homme entendu , Argent je n"ay.

Se biens beaucoup en ce monde j 'a voye J'eusse payé à ceulx que je devoye Et lesquelz m'ont longuement atendu ; Et nonobstant que mon cueur ay tendu A prier Dieu affîn qu'il me pourvoye, Argent je n'ay.

244 HONDIÎAUX.

^^^5^1^33^ omme m'avez commandé et requis,

;k}'' M^^iivs .T'av rnmnnsp,' pn nncr dirt. vpritahlp

if f^^W^ J'ay composé', en ung dict véritable, ■fj \ ' , 'a Le prest susdict estre trop prouffitablo, (ff'^^Sï^^ii L'usure* aussi, de ce me suis enquis.

Loix et décrets, bien cherchez et bien quis, Ung tel moyen concluent insuportable

Comme m'avez.

• Et, qu'ainsi soit, tout héritage acquis En fraulde et dol n'est à Dieu acceptable. Et moins beaucoup que ses amys de table'', Qui au besoing ne sont trouvez exquis, Comme m'avez.

CIH.

e jour en jour, tous les miens cre-

[diteurs De se i)ayer sont trop preci pi leurs; Pressé je suis, et n'ay denier ne

[maille:

Mais si quelqu'un ne m'en délivre et baille. Possible n'est, n'a'' leurs solliciteurs. Resveillé suis d'ung grant las de citeurs,

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