‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 99 sur 134 · I. As · texte numérisé non relu

I. As

Rondeaux.

LXXXVIIII.

oing de santé , bien prochain de

[tristesse, -''^ iviw A.ctainctd'ennuy, exempté de liesse, ^=*'='^^^^ Infortuné, plain de mélancolye. Et en qui est espérance abolye, Tel je me voy et me trouve en vieillesse.

Se j'eusse sçeu ce que sçay, en jeunesse, D'autant que dueil jour ne nuyt ne me laisse. Chassé seroit le regrect qui me lye Loing de santé.

Besoing je n'ay qu'on me tienne rudesse, Griefve douleur mon corps souffre sans cesse ; De faire donc de moy bonne omelye Possible n'est, ne plaisante et jolye, Et qu'ainsi soit je le dis et confesse Loing de santé.

our avoir bruyt et louange en ce

[monde.

Là où vertu en peu de gens redonde, Au temps qui court mondains ambi- Caulx, fins, subtilz, pervers, malicieux, [cieulx, Sont estimez, c'est pour paroUe ronde.

236 Rondeaux.

Les simples gens et humbles on confonde, Par quoy commancl, velà où je me fonde, Eslre haultain, superbe, et vicieulx, Pour avoir bruyt.

Mais au bon Dieu, où vraye amour habonde, Sur noz meffaictz il fault cpi'on lui responde ; D'acquérir donc le royaulme des cieux Et vivre mal, sont dictz falacieux, Sortant d'un cueur et d'esprit furibonde Pour avoir brnvt.

ous qui parlez de ces gens mariez, Et qui sçavezque font C. 0. Q. U.

-''i) En les lisant vous trouverez coqu. S'en vostre esprit par trop ne variez; Et s'il advient que vous en marriez, A mon advis ce seroit mal vescu, Vous qui parlez.

Affîn que point n'en soyez hariez, L'ennemy lors vous arez convincu.

Sans contre luy porter lance n'escu.

Quant l'on verra que vous vous en riez, Vous qui parlez.

RONDEAIX.

jc^^ tous et toutes ne desplaise

Se mon cueur est ravy et pris, .; Ainsi qu'un amant bien apris, De l'amour de madame Biaise.

Quant l'avoir je puis à mon aise, Alors sont joyeux mes espritz

A tous et toutes^ Son beau parler chascun appaise.

Son doux maintien est de grant pris; Veu l'honneur qu'en elle est compris, Ma voulenté n'est point mauvaise A tous et toutes.

LXXXXIII.

i^^z^^ rois hommes sont que hait Nostre-

[Seigneur.

Ainsi qu'on voit par la Saincte

[Escripture, Et lesquelz trois iront en pourriture : Salomon est de ce dict enseigneur.

Le viel lubricque est des trois le greigneur, Qui trop corrompt son corps et desnature ; Trois hommes sont.

Povre orgueilleux, pensif et chagngneur Est le second, qui de vertu n'a cure;

■238 KONDEAIIX.

Le paresseux jeune est tiers, qui procure D'estre méchant et de bien desdaigneur ; Trois hommes sont.

LXXXXIIII.

n me voyant, tant de près que de loing. D'avoir soulUers et chausses en besoing, v|^ N'en bourse aussi ne denier ne la maille, Ne ' sur lesquelz marchans aller me faille, Honte j'en ay et n'ay argent au poing.

Prendre à credo, les marchans font un groing Mesgre et plus sec qu'ung viel boyteau ^ de foing, S'argent content on ne leur donne ou baille. En me voyant.

S'il m'advenoit que voulsisse avoir soing De me laver et me mectre en ung boing^, L'eau deffauldroit. Donc, quelque part que j'aille, Pour mon honneur, de peur qu'on ne me raille, Cacher me fault, maulgré moy, en ung coing, En me voyant.

1. Ni denier ni maille à l'aide desquels je puisse aller vers les marchands.

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