Sur les chemins
3. Somme d'argent que les écoliers payoient au recteur (le l'Université, et qui servoit à couvrir lesf rais que faisoit ledit recteur, en se rendant en grande pompe a la foire de Saint-Denis. Par la suite, cette foire fut aussi 'appelée Landit.
i D'xme façon frisque, gaillarde.
274 CrY
Accompaignez d'une mignonne sade.
S'il est besoin, donnez luy l'epoustade ; D'iing tel assault on n'est jamais desdit. Ne craignez rien, faictes vostre voustade. Car le prevost le veult, ainsi qu'on dit.
Bazochiens ne prise une groseille, Certain je suis que leur bourse est mallado ; De ces retroux ' et leur bille' pareille, L'on m'a compté la chose nompareille Que l'on dira devant bonne brigade ; Hz sont au net, et ont eu la cassade. Vous en ferez au moins une ballade, Car le prevost le veult, ainsi qu'on dit.
Prince, je dis en gectant une euillade Sur ces retroux qui de vous ont mesdit , Qu'on leur fera ung brouet et sallade, Car le prevost le veult, ainsi qu'on dit.
j. Je n'ai jiu trouver le sens précis de ce mot, iirobal)lcment emprunté a l'argot des clercs ; je croirois volontiers qu'il tire son origine de retrà, en arrière, adverbe qui entre dans la composition de beaucoup de mots juridiques. Retroux signitieroit alors lâches.
2. Bille, argent. Faire billes ]mreilles, se prend aussi dans un sens adverbial pour alleu de pair, sortir d'une affaire sans avantage marqué d'un côté ou de l'autre.
pouB l'abbé d'Auxerbe. 275
AULTRE CRY POUR l'abbé de l'église d'aussebre
ET SES SUPPOSTZ.
BALLADE
ortez , saillez, venez de toutes pars, Sottes etSotz, plus promps que lyopars^ Et escoutez nostre Cry magnifique ; Lessez chasteaux, murailles et rempais,
Et voz jardins, et voz cloz, et voz parcs,
Gros usuriers qui avez 1" or qui clique;
Faictes fermer, marchans, vostre boutique ;
Grans et petiz, destoupez • voz oreilles,
Car par l'Abbé*, sans quelconque traffique.
Et ses suppostz orrez demain merveilles'. N'y faillez pas, messieurs de la justice,
lit vous aussi, gouverneurs de police,
Admenez y voz femmes sadinettes.
En voz maisons lessez y la nourrice,
Qui aux enfans petis leur est propice
r. Débouchez. Restoxfper, boucher, ^t deslouper sont encore usités dans le patois picard.
2. Nous r'avons pas besoin de dire qu'il s'agit ici de l'abbé des Fous.
3. Le commencement de ce cry est évidemment inspiré par le cry qui précède la Sottie de Gringore, jouée en on aux halles de Paris.
276 Crv pour l'abbé d'Auxerre.
Pour les nourrir de ses deux maniellettes. Jeunes tendrons, gaillardes godinettes, Vous y viendrez, sans flacons et bouteilles. Car par l'Abbé, sans porter ses lunettes. Et ses suppostz, orrez demain merveilles.
Marchans, bourgeoys, vous gens de tous meslien Bouchers, barbiers, cordanniers, savetiers. Trompeurs, Auteurs, joueux de chalumeaux , Trouvez vous y aussi, menestriers, Hapelopins, macquereaux, couratiers.
Et apportez de voz bons vins nouveaulx ; Badins, touyns, aussi mondains que veaulx, Vous, vignerons, laissés vignes et treilles, Car par FAbbé, sans troubler voz cerveaux, Et ses suppostz, orrez demain merveilles.
Faict et donné, en ung beau jardinet, Tout au plus près d'un joly cabinet Où bons buveurs ont planté maint rosier ' : Scellé en queue, et signé du signet, Comme il appert, de Desbridegozier.
I. Nous avons déjà vu cette expression dans l'Epistre à Monseigneur Bacclius
S'ENSIIYYENT LES EPÏTAPHES
L'an viil cinq cens xxvill , uny nommé CArislofle , jeune compaignon, fut condnmné à eslre pendu et esirangle . par l'arresl de la Court, en une potence, en la place Maubert , lequel fut exécuté comme il est escript par le Rondeau qui s'ensuyt.
ort fiiz, puis vif, en moins de demye heure Et par arrest jugé eslre pendu Et estranglé, puis après dépendu Pour m'attacher au gibet sans demeure.
Coulleur j'avoys semblable à une meure, La corde au col, en charette estendu ; Mort fus.
Et neantmoins fauldra qu'encore meure, Supposé que, comme bien entendu, M'estois à Dieu et sa mère rendu; Les requérant de cueur qu'on me sequeure Mort fus.
Epitaphes.
Epitafhe de feu Jacques de Beaulne',
en son vivant seigneur de Semblançay-lèz-Tours.
trésoriers, amasseurs de deniers, Vous et voz clercs, se n'estes gros asniers ,^\--^-K-^'M Bi^iï retenir debvez ce quolibet, ^-^>=^^^ Que pareil bruyt avez que les musniers. Car, par larcin, en ces jours derniers, Vostre Guydon fut pendu au gibet.
Epitaphe.
des' cincq honnorahles personnes tuez et occis en 1»
forest de Bière, mil cinq cens xxx un ,
le unziesme jour de mars , et , par especial , faisant
mention de feu maistre Jehan Hobelin , en
son vivant licentié-es-loix , advocat au
bailliage d'Aucerre.
viateurs, qui cy devant passez, Mémoire ayez souvent des trespassez. Et mesmement, vous, parens et amys.
Leurs héritiers, quant en terre sont my^j
I. Surintendant des finances, pendu à Montfaucon, comme concussionnaire, lo?,;.
Epitaphbs. 279
Qui de leurs biens, lorsqu'ilz sont décédez, Vous jouissez, et d'iceulx sucedez ; En contemplant, par un piteulx reniort.
De cinq humains la douloureuse mort, Occiz, tuez, l'an passé puis naguyère, Cruellement en la forez de Bière ' .
Que l'on disoit mil cinq cens xxx iiir. Dont n'est besoing du contraire en debatre. Par gens mauldictz, meurdriers, meschans souldars En ung Jeudi, le xi jour de Mars.
Ces cinq humains, vertueulx, renommez, Desditz meurdriers furent là consommez; Entre lesquelz Maistre Jehan Hobelin V souffrit mort, par leur vouUoir malin. Du quel le corps gist icy, soubz la lame. Le doulx Jésus ait pitié de son ame.
Amen.
L'Epitaphe
de fen noble dame Antlioinette du Chesnay,
fi) son vivant femme de messire Jacques de Gj^'erlay,
chevallier, seigneur de Champoles.
.g^syvjiisj^ y devant gist noble Dame Anlhoinette ; ;C' /^^^^3 Sage et prudente, en vertu pure et necte, .^ w^^ Et du Chesnay en son seurnom nommée . Â^aaB--^P Plaine de grâce et bonne renommée,