I . Bièvre , près Fontainebleau
-iSo Epitaphes.
Aux indigens et povres charitable
Fut et estoit, et en dictz véritable.
En son vivant, pour se bien alyer,
Espouse estoit du noble chevallier
Encor vivant Jacques de Gyverlay,
D'honneur garny tant ou plus qu'homme lay,
Et bon renon, de Champoles Seigneur,
Et en vertu le parfaict enseigneur.
Or pour narrer la bonté de la Dame,
Qui toujours a veseu sans quelque blasme,
Esprit ne sçait pour assez le descrire
N'en ce tableau suffisamment l'escripre ;
Tant en avoit que vivant dirigier
Ne le sçaroit bonnement, n'ériger,
Ne luy donner souffisante louange
Se sens n'avoit et entendement d'ange.
Le bruyt a eu d'estre grant aumosnière Et de Thobye en avoit la manière; Laquelle, ayant entière affection Aux povres gens, et la dévotion De leur bailler et exiber l'aumosne, En leur donnant, ainsi que Dame bonne.
De peste * lors, qui l'an passé courut. Frappée en fut, et de faict en mourut. Par quoy, povres, ne devez estre las Prier Jésus pour elle, et dire : helas. Perdu avons nostre mère nourrice,
I. Ce fut vers iJ3i que cette peste lit les plus kwii'-'' ravages clans l'Auxerrois.
EpiTAPHES. 48i
Qui nous est oit en son vivant propice. Et vous aussi, tant jeunes que anciens, De Batilly devoctz paroissiens.
Et auquel lieu le corps est inhumé De ladicte, comme j'ay résumé, Pareillement, vous, messieurs de l'Eglise, Ne devez point, comme chose requise La oublier, mais de voz yeux plourer.
Et le bon Dieu pour son ame implorer De luy donner entier repos durable Avecques luy es saincts cieulx pardurable. Ledict Seigneur, son espoux, d'un bon zelle De cueur dévot et consentement d'elle, Fondé ilz ont des Dimenches la messe La première, et de dire sans cesse, Au peravant d'icelle commencer.
Au Temps Paschal, « Regina; » le lesser Au jour futur que on dit La Trinité, Peste qui est de grant solemphité.
Où « Regina » chanter délaisseront Et le « Salve, Regina » chanteront.
Item aussi, messes des Trespassez Pour leurs amys et parens jà passez; Ung « Libéra » avec « De profundis »
Pour eulx aussi ont fondé estre dictz Les vendredis, par chascune sepmaine.
Rente assignée en leur terre et demaine Ont seurement, pour la fondation Entretenir en grant dévotion.
■iih Epitaphes.
Laquelle Dame, ainsi qu'on se remembre.
Le II jour du moys de Septembre L'an mil cinq cens xxxi deceda, Et le sien corps à la terre céda ; Supplions Dieu que de la noble Dame Avecques lui en Paradis soit l'ame.
Amen.
L'Epitaphe
de feu noble homme mai.stre Estienne Fichet , en son vivant greffier de la Gruryc de Dijon.
y devant gistMaistreEstienneFichet, Qui le sien cueur, et son esprit fichet A acquérir de tout chascun la grâce ; Or, d'Atropos a passé le guichet ; Et de son dard, duquel tout homme chet Et par lequel il prent fin et trespasse, Au bon deffunct n'a consentu l'espace De s'exempter du rigoreux passage.
Sans y penser l'homme humain n'est pas saige.
En son vivant, Greffier de la Grurye De Dijon fut, exempt de brouUerye, Ains droit et ferme, en tous lieux approuvé. Subgect n'estoit à nulle tromperye, Moult reprouvoit menteurs et menterye, En ditz estoit véritable trouvé;
EpITAPHES. 283
De gens d'honneur bon preud'homme trouvé Il a esté, comme on dit en son temps. Grans et petis estoient de luy contens. Regrectez-le, vous tous rhetoriciens, En pleurs et plaincts, jeunes et anciens : Expert estoit à composer Epistres.
Faictes de luy, en tresbons essiens ' , Epitaphes, et vous monstrez sciens En luy donnant de bon renon les tiltres. Escrivez-les et en faictes registres.
Priez pour luy, qui cy gist soubz la lame, Le doulx Jésus, qu'avec luy soit son ame. Amen.
Epitaphe
de feu houuorable homme et saige
Michel Armant , bourgeois d'Ausserre , et
notaire roval.
^^^^^^u^.;^ y dessoubz gist le bc ^/^^^fe Michel Armant, jadis
bon et bien nommé lis tresrenommé, ^^^^3c Plain de vertus, bon preud'homme et loyal, '^*>!«^f^ Sçavant Expert . et Notaire Royal ; Aymé de tous, humain et charitable, Doulx et begnin, droit, ferme et véritable,