‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 14 sur 134 · L'AMOUREUX · texte numérisé non relu

L'AMOUREUX

querant et demandant sa Dame par ainours.

e me sçauriez-vous enseigner Legieroment, sans barguigner, Une gracieuse mignonne Qui ne me veult point engigner?

Cela veulx-je bien tesmoigner.

Quant au regard de sa personne,

Si la scavez, qu'on me le sonne

Secrètement, bas en l'oreille.

C'est la plus gente fatrillonne.

Et la plus gaye esmerillonne

Qu'on veit onc, et la nompareille.

Son amour souvent me reveille

I. Malgré ce titre, les éplstres sont au nombre de vingtet-une.

11 hPISTRES.

Et mon cueur, mon corps, el espritz :

Alors que chascun dort, je veille, .le vois, je viens, je m'esmerveille, Tant suis d'elle ravy et pris.

C'est de ceste ville le pris, Cela puis-je bien maintenir, El ne sçaurois estre repris D"estre de son amour surpris El, pour tout sien me retenir; C'est mon bien, c'est mon souvenir, C'est mon espoir, c'est mon racueil; C'est celle qu'on doibt soustenir Et pour très loyalle tenir, Considéré son bel accueil.

Elle a bon esprit et bon œil, Bon maintien et génie manière.

Se je la tenois seul à seul .l'oublierois tout ennuy et deul. Et regrelz seroient mys arrière.

C'est le guydon, c'est la bannière.

C'est l'estandart de tout honneur; C'est celle qui est ma treschère.

C'est celle qui faict bonne chère.

C'est celle qui porte bon heur, C'est celle qui est en valleur.

C'est celle que je doibs aymer, C'est celle où gist doulce liqueur.

C'est celle qui repaisl mon cueur, C'est celle qu'on doit estimer.

LPISTRES.

Pour oster de mon cueur l'amer, Et tout mon ennuy et esmoy, D'autant qu'on la doibt réclamer Et son bruit par tout proclamer, Je vous pry, enseignez la moy.

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