L'OCCASION
L^occASioii fait sans toonier la tête ; A la sabir qae votre main soit prête.
Jeune guerrier, vous aussi , jeune amant.
Si son toupet vous échappe un moment, C*est pour toujours : sa tête est chauve par-derrière. Et vous aussi qui courez la carrière De la fortune ou de Fambition , Cherchez, pressez, forcez Foccasion.
En morale, c'est autre chose.
Hélas ! sous cet aspect , tout se métamorphose : Là , c^est Toccasion qui tente , qui séduit.
Là, nous devons la fuir, comme ailleurs elle fuit. A se» filets si votre cœur échappe , Elle vous suit et vous poursuit.
Vous dresse un piège , et vous rattrape.
Je veux vous dire à ce sujet Comment une beauté jeune , mais bien éprise ,
Tout en pleurant de ce qu^elle avait fait,
Le lendemain encor y fut reprise.
Moitié faiblesse , et moitié procédé ,
A son amant Colette avait cédé.
Le lendemain ce souvenir Tafflige.
Était-ce un rêve, un délire, un prodige ?
Qui me l'eût dit une minute avant !
\h ! comme je saurai le fuir dorénavant !
CONTES. 4ll
Le même soîr, son amant qui la guette, L<a voit et lui £iit signe ; et plus prompt que le vent , Dans la grange voisine il monte.... Ici 9 Colette...» « Non , laisse-moi , tes soins sont superflus , » Non , scélérat, non je ne le veux plus. — D Ma chère enfant, ne sois pas si brouche, » Tends-moi la main du moins , et que je touche » Un de tes doigts. » Colette s^avança ^ Sut la pointe du pied la belle se haussa* La faveur est légère, et qu^auraît-elle à craindre ? L'échelle était si haute! ils étendaient le bras, £lle, de bas en haut, et lui, de haut en bas ; Mais leurs mains ne pouvaient s^atteindre ; £t dans ce jeu, malgré leur double effort, Deux mortels échelons les séparaient encor.
Mais tout-à-coup le feu prend à Tamorce £t vers la main que le fripon lui tend , Elle sVlance, et s'écrie en montant:
a Malheureux ! tu me prends de force. »