POEME
ET
Qui fournît à Rulhlère le sujet du poëme des Jeux de Mains.
HuLHiERE composa son poëme des Jeux de Mains diaprés une aventure aFnvëe à madame de Clermoat d^Amboise , la com^tesse de Yalentinoîs , madame de Sëgur et la marquise de Brancas. Ces» dames vivaient vatimement ensemble , et phis particulièrement encore ma-* danK de Clermo&t ai%'ec le prince de Beauvau , qui r^pousa dès qu^elle df vint v^uv« ; ouadame de. Ségur avec W bairon de Besenval ; la marquise de Brancas avec M. d'Ëntraigues ; et madame de Yalentinoîs avec M. de Thîard. Les quatre couples ayant imaginé de passer dévotement la semaine sainte en retraite , allèirent à la campagne , ou le baron de Besenval ^ vou^ lant bientôt ajouter le mérite d^une bonne action à celui de la retraite , proposa aux pénitentes de changer de confesseur , mais, le temps seu^ lement nécessaire pour en recevoir l'absolution, Tordre accoutumé et connu devant se rétablir à Pâques » lor^^qu'on reparaîtrait dans le monde. Cette proposition ayant fait rire madame de Valentinois, la marquise de Brancas imagina qu'aucune d'elles n'aurait à se plaindre en tirant les hommes au sort. Mais
cette idée convint si peu à mesdames de Ségui* et de Clermont , que des plaisanteries oa en vint aux jeux de mots , et si promptement aux jeux de mains , qu^après s^étre arraché leurs cornettes , ces dames battirent ces messieurs pour leur apprendre à vivre ; de sorte que personne de cette belle et bonne compagnie , revenue à Paris , n^osa s'y montrer de quelque temps. L'une avait un œil poché , l'autre était outrageusement égratignée ; M, d'Entraigues fut obligé de prendre perruque , tant il avait perdu de cheveux à la bataille ; il fallut que le baron de Besenval et M. de Thiard se fissent sâigner , et restassent dans leur lit. Eh , mon Dieu ! qu'avez- vous donc? que vous est-il arrivé?
leur demandèrent les gens qui venaient les voir. Il fallait bien qu'ils apprissent quelque chose ; et c'est ainsi que se répandit peu-à-peu dans le monde l'aventure sur laquelle Rulhière composa un poëme, qui n'est plus qu'une énigme quand on n'en connaît pas les personnages. Valmir est le baron de Besenval; Dimas, qiion a vu redevenir vingt fois T homme du jour ^ et qui sait de tout son temps les véritables pères, est le duc de Richelieu. On prétend qu'Azir est le prince de Beauvau ; Sylvie , madame la prin^ cesse de Beauvau; et Corinne, madame de y alentinois. '