‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 3)Chapitre 126 sur 179 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Première* leçons qtfU faut dwww m nlU gipuç novice ou au solitaire ignorant*

48, A l'babitant novice du désert, il faut d'abord apprendre, selqp le précepte de l'Apôtre, à offrir son corps à Dieu, comme upe hostie vivante, sqinft, agréçùle, cpmme ur}p victime raisonnable. Le mèpie Apôtre, pqpr modérer daps le pqvice cette ferveur de riwuime apiipol étranger encore aux chQsps de pieu, et les recherches envieuses et inquiètes spr ejes objets spirituels etdi- ▼iqs, 4jppte : jjlfi vertu çfe la gr#ce qui m'a été donnée, iq dis 4 tçsus cçw. qui sont parmi vçus de nêfre pas plus sages qu'il ne faut* mais de l'être avec sobriété K %\ parce que la science (je i'bpmipe anjnml se copeentre ex» clusi vei) : .^îtj opà peu près, autour du corps

*Rom. i xi 1,8,

LETTRE OU TRAITÉ DE GUIGES

et se borne à régler en lui l'extérieur, il faut aussi lui apprendre à mortifier raisonnablement ce corps, ses membres terrestres , à exercer un jugement juste, raisonnable et discret entre l'esprit ctle corps éternellement divisés par des affections contraires, sans porter dans ce jugement aucune acception de personne. Il faut lui apprendre à traiter son corps comme un malade confié à ses soins aux désirs duquel il refuserait des choses nuisibles et à qui il ferait prendre malgré ses répugnances ce qui peut lui être utile. Qu'il traite ce corps comme n'étant pas à lui, mais à celui qui nous a achetés chèrement afin que nous le glorifiions dans ce corps1. Qu'on l'avertisse encore d'éviter d'encourir ce reproche que Dieu par l'organe du prophète adresse à son peuple coupable : Vous m'avez rejeté loin de vous*. Que les intérêts et les avantages de cette vie ne le portent jamais à délaisser la fidélité à sa règle, ni la dignité de sa nature par un vil amour ou une basse complaisance pour son corps. C'est pourquoi il faut traiter ce corps rudement pour l'empêcher de tomber dans la révolte et l'insolence, avec assez de modération néanmoins pour qu'il ne nous refuse passes services., puisqu'il a été mis au service de l'esprit. Il ne faut pas le traiter comme le but de notre vie, mais comme une chose sans laquelle on ne peut vivre. Car nous ne sommes pas les maîtres de briser à notre gré l'alliance qui nous unit à lui. Attendons patiemment que la providence les sépare, et en attendant observons fidèlement cette alliance. 19. Vivons donc et arrangeons-nous avec lui comme avec un compagnon dont nous serons bientôt séparés , de façon pourtant que, si nous restons longtemps ensemble, il ne soit pas assez affaibli pour nous contraindre à le quitter avant le temps marqué. Sur ce point, un novice serait exposé à bien des scrupules et à des erreurs dangereuses, si la loi de l'obéissance et de la solitude ne lui donnait dès le début des préceptes , ne lui traçait des règles relatives à la nourriture et au vêtement, au travail et au repos, au silence et à la solitude, et à tout ce qui concerne la vie extérieure , ne rendait ce frère soumis, patient, tranquille, et ne lui assurait sa sécurité. Grâce à ces règles, tout est si bien réglé, le superflu si bien retranché, le nécessaire si bien ramené dans les limites d'une sobriété convenable à tous, que les désirs des forts sont satisfaits sans

que les faibles soient effrayés ; la quantité des choses dont on accorde l'usage ne blesse point la conscience de celui qui les reçoit avec gratitude , et les retranchements ne tentent en aucune façon le serviteur de Dieu qui sait gouverner son corps et qui est dressé à se contenter du nécessaire. En tout cela, selon le mot de Salomon, celui qui marche simplement marche sûrement, mais le cœur dur tombera dans le mal l. Car bien qu'on ait pourvu au nécessaire sans qu'il y ait sujet de se plaindre et qu'on ait retranché le superflu, s'il faut néanmoins ajouter ou ôter quelque chose en général ou en particulier, ceci est laissé à la volonté du prieur, sans aucun danger ou scrupule pour les subordonnés qui obéissent.

20. Il faut donc apprendre au nouvel ermite à dompter, par une pénitence continuelle de ses péchés passés, les passions de sachair,conformément à la règle commune, à tout mépriser et à se mépriser lui-même. Qu'il se prémunisse constamment contre les tentations qui assaillent un novice, puisque les vices attaquent sans relâche le serviteur de Dieu, qui sert Dieu pour lui-même, lui proposent le plaisir comme récompense; puisque le diable le fatigue de ses suggestions, la chair de ses sollicitations, et que le monde offre à ses désirs des objets nouveaux. Notre Dieu nous éprouve pour voir si nous l'aimons oui ou non. Ce n'est pas qu'il ignore nos dispositions, mais il veut que cette épreuve nous les révèle mieuxà nous-mêmes. Il est aisé de vaincre ces tentations; la raison surmonte sans peine celles qui sont suspectes ou qui sont mauvaises au premier aspect. Hais celles qui se déguisent sous les dehors du bien sont plus difficiles à discerner et il est plus dangereux de les accueillir. De même qu'il est très-difficile de garder la mesure dans ce que l'on croit bien, ainsi n'est-il pas toujours sûr de désirer toute sorte de bien.

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