‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 3)Chapitre 53 sur 179 · SERMON LXXI(B · texte numérisé non relu

SERMON LXXI(B

démon,

i. Le résumé, la perfection delà morale consiste surtout en ces deux choses, à éviter les vices, à désirer les vertus ; aussi ne suffitil pas de s'abstenir du mal, si Ton ne pratique le bien. Ce qui fait dire au Psalmiste :

1 Cor iv, 9.

(a) Ou 30* des Petits Sermons.

(b) Ou 81* des Petits Sermons.

Fuyez le mal et faites le bien •. Evitons donc les vices, embrassons les vertus. Parcourons quelques histoires anciennes pour en tirer des fruits de morale. La famine contraignit jadis Israël à entrer en Egypte *. Il y trouva sur le champ un nouveau maître, et d'homme

* Ps. gxli.3. — « Id. aron, 05. — • Id, txxnt 87. — * Gen. xui, 46.

SEkMONS DE SAINT BERNARD

libre il devint esclave. Dès le début de son séjour, la voilà soumis à la puissance de Pharaon qui ordonne de mettre à mort les garçons et de n'épargner que les filles. Iraël est condamné à de durs ouvrages, à fabriquer les tuiles et les briques ', et Pharaon ne leur fournit que la paille. C'est à quoi la famine les a contraints.

2. Ce n'est ni la faim du pain, ni la soif de l'eau, mais celle de la parole de Dieu qui pousse tant de cœurs vers l'Egypte. Cette parole de Dieu est la lumière véritable qui illumine tout homme venant en ce monde1. Ce qui fait dire au Psalmiste : Le précepte du Seigneur est lumineux, il éclaire les yeux '. Celui qui suit cette lumière ne marche pas dans les ténèbres, mais il a pour guide une lumière de vie. La lumière des préceptes conduit à celle des récompenses. Celui qui est privé de cette parole divine est forcé d'entrer en Egypte, c'est-à-dire dans les ténèbres. Il est enveloppé des ténèbres de l'igno-

rance, suivant cette parole de l'Apôtre : Notis n'avons pas à lutter contre la chair ou la sang, mais contre les princes et les puissances, contre les rois de ce monde de ténèbres ^ contre les esprits d'iniquité répandus dans Pair1. Sous le joug de Pharaon, on est réduit à des travaux fangeux, c'est-à-dire sales et honteux. Pharaon fournit la paille, c'est-àdire les pensées légères. Le propre de la paille est de s'allumer facilement et de se consumer vite. De même les mauvaises pensées inspirées par le démon s'allument subitement dans les âmes, aidées par la faiblesse de la chair. Mais si nous y résistons énergiquement, Dieu aidant, elles s'éteignent sur le champ. La paille allumée cuisait la terre et la durcissait en briques. Les pensées mauvaises, qui sont cette terre, s'allument à l'aide de la paille de la délectation ; qu'elles passent en acte, les voilà cuites aussi. Transformées en habitude, elles s'endurcissent définitivement.

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