LETTRE LIV
AU MÊME
Il lai recommande Tabbé Vivien, et il lui conseille de travailler sérieosement au saint de son âme.
Je désire et je demande que, par amour pour Dieu et pour nous, le porteur de cette lettre le vénérable Vivien, abbé d'Haute-Combe, auquel je suis, à cause de sa piété, uni par une étroite amitié, ressente les effets de la vôtre dans son affaire. Voilà pour lui, le reste vous concerne. Que sert à l'kamme de gagner le monde entier, s'il doit perdre son âme? Ou que donnera-t-il pour la racheter ^ ? Le monde entier ne suffirait pas. L'âme qui a été rachetée du sang du Christ est une grande chose et sa chute est terrible, puisqu'elle n'a pu être réparée que par la croix du Christ. Si le péché la précipite une seconde fois jusque dans la mort, comment en sera-t-elle retirée? Y a-t-il un autre Christ, ou le Christ doit-il être une seconde fois crucifié pour elle"^ Je voudrais qu'à ce sujet vous n'oubliassiez jamais ce conseil du sage : Mon fils, souviens- toi de tes deimiers moments, et tu ne pécheras jamais *.
* Act. IV, 32.
* Matth., XYi,26. — » Eccl. vu, 40.