‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 141 sur 319 · LETTRE LXXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXIV

AU MÊME

n lai renvoie no moine fugitif, et l*engage k traiter ce der- ■ier avec beaucoup de douceur et de compassion.

C'est avec sagesse, comme vous le voyez, et ce n'est point en vain que contre notre habitude nous avons gardé, non pour nous, mais pour vous et pour elle, votre brebis égarée, puisque par un tel artifice ou plutôt par cet utile secours, il a été satisfait au désir que ce frère avait d'une vie plus austère et aussi en définitive à ce que vous vouliez relativement à son retour. Je vous dis ces choses, non que je veuille faire valoir en cela notre bonne volonté envers vous : je parviendrais à peine, par ce que je puis faire, à vous la montrer telle qu'elle est; mais je désire que vous soyez maintenant convaincu de ce que je me souviens de vous avoir dit auparavant, que répreuve d'une vie plus sévère calme souvent ces esprits inquiets, auxquels la vie qu'ils mènent ne suffit pas. Vous m'avez écrit que vous vouliez connaître notre avis au sujet de ce frère réconcilié ; je ne pense pas que cela soit nécessaire, puisqu'il ne revient pas disposé, comme il arrive souvent, à vous arracher un consentement, mais prêt, comme il convient, à céder à votre volonté en toutes choses. Nous vous supplions avec lui et pour lui d'adoucir charitablement la difficulté de sa rentrée qu'il redoute beaucoup, et d'en agir un peu plus doucement avec lui, qu'on ne le fait d'ordinaire avec d'autres déserteurs. Car, dans les faits de cette nature, des situations dissemblables se refusent à des solutions identiques. Or, il y a une grande différence entre celui qui par crainte ou par haine de la religion, fuit son monastère, et celui qui par zèle et par amour pour elle, passe dans un autre.

Page 1