‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 174 sur 319 · LETTRE CXX · texte numérisé non relu

LETTRE CXX

A LA DUGHESSB DB LORBAINB.

n la remercie des bienfaits qu*il a reçus d'elle et il la détonme d'nne gaerre injuste.

Nous rendons grâces à Dieu pour les inteU'tions si zélées, dont nous vous savons animée envers ses serviteurs. Toutes les fois, en effet, que dans un cœur charnel, exalté par les dignités de la terre, on voit briller même la plus petite étincelle d'amour céleste, c'est là sans doute un présent de Dieu et non une vertu de Thomme. Nous acceptons avec reconnaissance les bienfaits que votre générosité nous offre dans votre lettre ; mais comme nous avons appris l'affaire imprévue et assez importante qui doit nécessairement vous retenir à présent, nous croyons convenable d'attendre votre commodité tout autant qu'il vous plaira. Nous ne voudrions, en effet, autant qu'il dépend de nous, être à charge à personne, surtout dans les choses qui touchent à Dieu ; car nous devons y rechercher, non le profit du bienfait, mais plutôt l'avantage du bienfaiteur. Veuillez donc, s'il vous plaît, en nous répondant par le même courrier, nous indiquer le lieu et le jour où, avec l'assistance de Dieu, après avoir achevé l'affaire présente, vous devrez vous rapprocher de notre pays ; afin que le frère Guy * aille au-devant de vous et que s'il trouve dans vos terres quelque chose qui convienne à notre Ordre, vous exécutiez vos promesses avec joie et avec eiïlpressement; car Dieu aime celui qui donne gaiement *. Si par hasard ce retard vous déplaît, faites -nous le savoir; nous sommes prêts en cette affaire à obéir à votre volonté, autant que la raison le permettra. Nous saluons le duc par votre entremise, et nous l'engageons ainsi que vous, si vous apprenez que le château pour lequel vous allez faire la guerre ne vous appartient pas, à y renoncer

* Matth., XVII, 26. — ' Rom., xiii, 7. — » Philip, iv, 17,

* Nous croyons qu*il s'agit de Guy, abbé de Trois-Fontaines, qui alla plusieurs fols en Lorraine. (Voy. let. 63, 69.)

» II Cor. IX, 7.

pour l'amour de Dieu, car il est écrit: Que

sert à l'homme de ffagner le monde entier^ sCU te perd et s'il périt bU^même^ ?

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