LETTRE CL
(Écrite l'an 1133.)
AU SEIGNEUR PAPE INNOCENT
n loue le Pontife des divers actes de justice que celui-ci a^til accomplis, et il excite son zèle contre l'ambition de Philippe, qui tâchait de s'emparer du siège de Tours par des moyens illégitimes.
i. Que la santé du chef reflue dans les membres ; que l'huile parfumée qui coule de la tête sur la barbe, descende jusqu'à l'extrémité des franges du vêtement. Si les brebis ont pris la fuite, quand le pasteur a été frappé, maintenant il est sain et sauf; qu'elles reviennent donc tranquillement au pâturage. Voici ce que nous voulons dire. Les fréquentes nouvelles qui se répandent des accroissements multi plies de votre gloire, réjouissent lacité de Dieu. Il est donc juste que votre prospérité serve à l'affermissement de l'Église, et que, le Seigneur exaltant l'élu de son peuple, elle se sente exaltée, elle aussi, et reconnaisse l'augmentation de force qu'elle en éprouve. Car, si elle a souffert avec vous, elle doit régner avec vous : voilà ce qui est digne de vous et ce qui nous est nécessaire. Quoi donc 1 si, dans la crainte et dans l'angoisse , la vigueur de la justice n'a pas langui , si la ferveur ne s'est pas attiédie, nous laisserons-nous abattre, aujourd'hui que nous approchons de la victoire ? La vertu qui a brillé dans la faiblesse, succombera-t-elle dans l'élévation ?