‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 206 sur 319 · LETTRE CLXI · texte numérisé non relu

LETTRE CLXI

(Écrite Pan 1133.) AU SEIGNEUR PAPE INNOCENT.

Contre les auteurs du meurtre d'Archembauld, sous-doyen d'Orléans.

La voix du sang d'Archembauld \ sousdoyen d'Orléans, a retenti; car, ô douleur I selon la parole du prophète, le sang touche k

Noterius. C'était Tarchidiacre de Paris, ainsi que l'atteste la lettre d'Etienne à Geollroy, citée par nous dans la note précédente.

1 Au siiyet de ce meurtre, lisez les notes de la lettre 150. Pierre le Vénérable se plaint é^^alemcnt du meurtre d'Archembauld, et il semble même indiquer que sa mort avait précédé celle de Thomas de Saint- Victor. Cependant saint Bernard dit clairement le contraire. Ce Jean, meurtrier d'Archembauld, est peut-être le même qui fut doyen d'Orléans, et qui fut lui-même issassiné.

sang * , et tout ce sang accumulé crie plus fort de la France jusqu'à vous. Ces deux meurtres, dis-je, crient et poussent des clameurs si puissantes, qu'elles pourraient ébranler jusqu'aux voûtes célestes elles-mêmes; si lamentables, qu'elles attendriraient des cœurs de pierre. Que faites-vous, ami de l'Époux', gardien de l'Épouse du Christ, pasteur de ses brebis? Pensez-vous découvrir un remède assez efflcace pour arrêter ce fléau inouï, épouvantable. Et cependant il est nécessaire d'en trouver un qui dans le présent apporte un soulagement aux récentes blessures de l'Église, et qui puisse lui servir de protection dans l'avenir. Ceignez donc votre glaive sur votre cuisse, ô trèspuissant : si aujourd'hui Phinées ne se lève et n'apaise le Seigneur, le massacre ne cessera pas. Si , dis-je , la puissance ecclésiastique épargne ces hommes, je veux parler de Jean et de Tbibauld Noterius, ces hommes qui ont répandu sur la terre le sang innocent, sinon de leurs propres mains, au moins en approuvant et peut-être en inspirant les meurtriers, qui ne voit ce qui s'en suivra? Combien une telle impunité ne fera-t-elle pas élever aux honneurs dans le clergé, contre le droit et la loi, de gens de cette sorte, par crainte de leur parti, et non par le mérite de leur sainteté. A de nouveaux maux, il faut résister par de nouveaux remèdes. D'après l'avis de beaucoup de personnes, il serait très-utile et très-juste, qu'avec le glaive des Apôtres vous les sépariez de toute dignité ecclésiastique, de façon et qu'ils soient dépouillés de celles qu'ils possèdent et qu'ils ne puissent s'élever désormais à d'autres.

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