LETTRE CCIX
AU MÊME
n Tante la nraniflcence royale atec laquelle Roger a ac» cueilli et protégé les religieux qu'il lui a envoyés.
Vous aTez ce que tous demandiez ; tous aTez fait ce que tous aTiez promis. Ceux que, sur Totre parole, nous aTons exposés au Toyage et que nous tous aTons adressés, ont été accueillis avec une libéralité royate. Vous êtes allé au-devant d'eux aTec des pains ; tous les avez amenés dans un lieu de rafraîchissement, vous les avez établis sur une terre fertile, afin qu'ils mangent les fruits des champs, qu'ils goûtent le miel des rochers et l'huile des coteaux pierreux, qu'ils se nourrissent du beurre des troupeaux, du lait des brebis, des fruits du figuier, de la moelle du froment, et qu'ils boivent le sang très-pur du raisin. Ce sont là sans doute des biens de la terre, mais ils servent à acheter ceux du ciel. C'est ainsi qu'on monte aux nues, c'est par de telles victimes qu'on se rend Dieu favorable. Car le royaume des cieux appartient à ces hommes, et, sur la terre des vivants, ils pourront rendre à un roi de la terre la vie et la gloire éternelle en retour de ses bienfaits d'ici-
^ Lac, viu, 15. — * I Cor., ui, 8.
bas. Nous TOUS ayons envoyé maître Bruno, qui autrefois a été pendant de longs jours notre intime compagnon ; il est maintenant le père d'un grand nombre d'âmes qui sont heureuses dans le Christ, mais qui manquent de tout dans le monde. Qu*il ressente lui aussi la munificence du roi^ afin que ce dernier augmente le nombre des amis qui le recevront lui-même dans les tabernacles éternels. Tout ce que vous lui ferez, c'est à moi que vous le ferez, car si quelque chose lui manque, c'est à moi qu'on le demande. Comme notre bourse est insuffisante, j'ai songé, non sans raison, à adresser ce pauvre du Christ à la vôtre qui est évidemment un peu mieux remplie.