Les royaumes de la terre et leurs privi
* Matth., m, 33. — * Matlh., vu, 17. — » Cant., i, 3.
* La Vulgate porte : Curhmut in odorem. Saint Bernard comme beaucoup de Pères, écrit : Currimus in odore, ce qui est plus logique : l'épouse ne court pas vers l'odeur, mais ters son époux, attirée par l'odeur de ses parfums.
» Il Cor., H, xiY.
* Cant., iir, 6. — "^ Cant., iv, !3. — • Ce roi est Louis le Gros, ainsi qu'on le voit par le contexte de la lettre.
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léges ne subsistent intacts et sans atteinte entre les mains de leurs maîtres, qu'autant que ceux-
Si ne résistent pas aux ordres et aux dispositions e Dieu. Pourquoi, seigneur, votre fureur s'est-elle allumée contre Télu de Dieu, contre celui que votre Sublimité elle-même a accueilli et a préféré entre tous pour être le père et le Samuel ^ de votre fils? L'indignation royale s'arme non point contre les étrangers, mais contre elle-même et contre les siens. Cela n'est pas étonnant, puisque, comme le dit l'Écriture, la colère de V homme n accomplit pas la justice de Dieu ". Cette colère fait souvent que vous ne remarquez pas le péril, évident pour tous, que courent vos intérêts, votre dignité, votre salut et que vous n'en sentez pas la perte. Un concile se rassemble '. En quoi cela nuit-il à la gloire du roi, aux intérêts du royaume? Là on rappellera et on recommandera à toute l'Église le zèle ardent et singulier de Votre Excellence; on dira que, le premier des rois, ou au moins Im des premiers, vous avez vaillamment et très-chrétiennement combattu pour défendre cette Église, votre mère, contre la rage de ses persécuteurs. Là de justes actions de grâces vous seront solennellement rendues par cette grande multitude; là des milliers de saints prieront pour les vôtres et pour vous.
S. Combien d'ailleurs une réunion d'évêques n'est-elle pas nécessaire à ce temps-ci ; personne ne l'ignore, sinon ces hommes au cœur dur, qui ne considèrent pas les angoisses de notre mère l'Église. Hais, dit-on, la chaleur est excessive; comme si nos corps étaient de glace I Ne sont-ce pas plutôt nos cœurs qui sont glacés, car il n'y a personne qui, selon l'expression du Prophète, compatisse à l'affliction de Joseph ^? Mais je parlerai de cela une autre fois. Âiyourd'hui, moi, le dernier de votre royaume, non par la fldélité, mais par la condition, je vous dis que vous n'avez pas d'avantage à empêcher un bien si grand et si nécessaire. Je ne manque pas de motifs clairs, à l'aide desquels je puisse vous rendre cette vérité manifeste. 11 me serait facile de vous les exposer à l'instant même, si Je ne croyais en avoir dit assez à un sage. Si cependant il y a eu de la part de l'autorité apostolique quelques rigueurs par lesquelles la sérénité de Votre Altesse juge à bon droit
^ Le pape Innocent II avait, comme Samuel, consacré à Reims en 1131 Louis le Jeune, fils du roi.
* Jac, 1, 20.
* 11 s'agis^t du concile de Pise tenu en 1134. Le roi empêchait les évèques de France de s'y rendre, en alléguant la chaleur excessive qu'il faisait.
* Amos.^ VI, 6.
qu'elle ait été troublée, vos fidèles qui assisteront au concile travailleront de tous leurs efforts à faire révoquer ou tempérer ces mesures comme votre honneur le demandera.
Nous aussi, qui sommes de ce nombre, si nous pouvons quelque chose, nous ne manquerons pas de le faire.