AU SEIGNEUR D'OSTIB*, EN FAVEUR DU HÊHE
On dit qu'un clerc a par passion monté un coup contre son évêque, notre ami, et qu'il a circonvenu mon seigneur. Si vous vous intéressez à moi ou plutôt à la justice de Dieu, travaillez à ce que ce méchant calomniateur ne tire aucun profit de son mensonge, et ne parvienne pas à nuire à cet évêque innocent qui est mon fidèle ami.
LETTRE CCXCVII.
A l'abbé de MONTIER-RAMEV '.
n le prie de recevoir un moine apostat, mais pénitent.
Le porteur des présentes, après avoir été reçu il y a longtemps dans votre compagnie sur
^ Henri était moine à Clairvaux sous la direction de saint Bernard ; il devint ensuite cardinal du titre de Saint-Nérée et de Saint- Achillée. 11 y a une lettre de lui au tome iii de la Bibliothèque de Clteaux, page 239.
* Hugues. (Voyez les lettres 287 et 290.)
> Guy. La lettre 398 lui est adressée.
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notre demande, a par sottise et par légèreté rejeté son saint habit, et il s'est séparé de vous. Hais conduit par le repentir, à ce qu'il semble, il désire rentrer et demande humblement qu'on le reçoive une seconde fois : nous vous prions donc de l'accepter encore et, par amour pour Dieu et pour nous, de ne refuser ni l'entrée du monastère ni Thabit à ce religieux pénitent.
LETTRE CCXCVIIl.
(Écrite Taa 1151.)
AU SEIGNEUR PAPE EUGÈNE
11 lui découvre les fourberies et les impostures de Nicolas, son secrétaire.
Ce Nicolas * est sorti de chez nous, parce qu'il n'était pas des nôtres ; mais il est sorti en laissantderrière lui de honteux souvenirs. Pour moi, je connaissais cet homme depuis longtemps, mais j'attendais ou que Dieu le convertit, ou qu'il se trahit lui-même à l'exemple de Judas : ce qui est arrivé. Outre des livres et beaucoup d'or et d'argent, on a trouvé sur lui à sa sortie trois sceaux, un qui était le sien, un autre qui était au prieur, et un troisième qui était le nôtre, non pas notre ancien sceau, mais le nouveau, celui que j'avais été dernièirement obligé de renouveler à cause des fraudes et des manœuvres artificieuses de cet homme. Je me souviens de vous avoir déjà écrit cela sans nommer personne ', en vous disant que nous avions couru des dangers de la part des faux frères. Qui pourrait dire à combien de personnes, à mon insu et sous mon nom, il
^ Ce Nicolas pour lequel Pierre, abbé de Cluny, eut tant d'estime, ainsi qu'on peut le voir dans ses lettres, était d*abord moine à Montier-Ramey. 11 passa au monastère de Clair?aux vers Fan 1146, en Tabsence de saint Bernard et quand le pape Eugène était déjà Souverain-Pontife, amsi que le prouve une de ses lettres,^ lettre 7. Il devint par la suite secrétaire de saint Bernard et écrivit beaucoup de lettres, tant en son nom personnel qu'au nom de saint Bernard ; celles qui sont en so.i nom ont été éditées dans la Bibliothèque des Pères^ édition de Cologne. C'était un homme fourbe qui ne craignit pas d'abuser du sceau de saint Bernard. Surpris dans son faux, il s'enfuit vers l'an 1151 ; car la lettre 389, qui est de l'an 1150, porte encore son nom. On prétend qu'il se réfugia en Angleterre, et on le confond avec un certain Nicolas de Saint -Àlban, moine anglais qui, après la mort de saint Bernard, attaqua son opinion sur la Conception de la sainte Vierge. Mais ce sont deux personnages distincts. Car Pierre de Celles, qui entreprit de venger la mémoire du saint Docteur de ces attaques, dit que Nicolas de Saint-Alban ne lui était connu que par ses écrits, tandis qu'il avait été lié et en correspondance intime avec Nicolas de Clairvaux ; de plus ce dernier était moins âpre et plus convenable dans son style que le moine anglais.
« Voyez lettre 284.
a écrit ce qu'il a voulu ? Qui me donnera de voir votre cour elle-même entièrement nettoyée de la boue de ses mensonges? Qui me donnera de voir l'innocence de ceux qui sont avec moi suffisamment établie auprès des personnes qu'il a circonvenues et prévenues par ses impudentes calomnies? Il vous a écrit avec le même artifice, et cela non pas seulement uue fois ; je le sais en partie parce qu'il en a été convaincu, et en partie parce qu'il l'a avoué. Je m'arrête pour ne pas souiller vos oreilles ni mes lè\Tes du récit de ses infamies, dont le pays est infecté et qui sont devenues la fable de tous. S'il se présente devant vous, car il s'en vante et il se flatte d'avoir des amis à la cour, souvenez-vous d'Arnauld de Bresce et celui-ci est pire qu'Arnauld : nul plus que lui n'est digne d'une réclusion perpétuelle, et rien ne serait plus juste que de le condamner pour jamais au silence.