‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 300 sur 319 · LETTRE CCXCIX · texte numérisé non relu

LETTRE CCXCIX

(Écrite vers l'an 1150.)

AU COMTE d'ANGOULÊME POUR LES RELIGIEUX DE

BOISSE ^

Il se plaint d'une taxe excessive imposée à ses religieux par le comte.

Ne vous étonnez pas si l'impôt considérable qu'on exige de nos religieux pour cette terre de Boisse nous semble lourd; nous n'avons pas l'babitude de supporter rien de semblable. Nous avons en effet établi beaucoup d'abbayes, et aucune n'est soumise à une telle redevance. Mais puisque vous le voulez ainsi, et que Dieu accepte plus volontiers le bien qu'on fait spontanément que celui qui est imposé, nous supporterons la convention que nos frères ont faite avec vous, jusqu'à ce que Dieu vous inspire de meilleures intentions, ce qui arrivera, nous n'eu doutons pas. D'ailleurs aimez-les, protégez-les, défendez-les, soutenez-les. Car vous vous présenterez avec plus d'assurance devant le tribunal du Christ, si vous avez les pauvres pour amis et pour défenseurs.

* Quelques éditions portent : Au comte Angelbert, mais la version de dom Mabilloa est préférable. Guillaume, surnommé Brise-Fer, comte d'Àn{;oulème, avait concédé en 1143 un terrain aux moines de Citeaux dans la ville de Boisse, ou était déjà le monastère bénédictin de Saint- Amand, fondé par le comte Arnauld au X« siècle. Ces religieux ayant réclamé, saint Bernard, par amour de la paix, leur céda ce terrain en 1153 à la condition qu'ils paieraient soixante marcs d'argent aux moines de Clairvaux pour les édifices et constructions qu'ils recevaient d'eux. Nous reproduirons plus loin la charte de concession de saint Boriiard.

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