‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 65 sur 319 · DU HÊHE PONTIFE AUX RELIGIEUX DE CLAIRVAUX · texte numérisé non relu

DU HÊHE PONTIFE AUX RELIGIEUX DE CLAIRVAUX

Alexandre^ évêque^ serviteur des serviteurs de Dieu, à ses fils bien-aimés l'abbé Gérard et tous' les Moines de Clairvaux, salut et bénédiction apostolique.

Votre piété, votre zèle religieux et la solide foi qui vous anime, nous sont depuis longtemps connus, et vous en avez donné des preuves manifestes. J'espère que vous n'avez point dégénéré de la sainteté de votre père; et Dieu veuille, par le secours de sa grâce, que cela n'arrive jamais! Cette grâce, qui abondait en lui, l'a sanctifié; ses œuvres vous ont servi d'exemple ; car vous savez, et vous en conservez sans cesse le respectueux souvenir, combien Bernard, de bienheureuse mémoire, premier abbé de votre monastère et votre principal fondateur, s'est rendu agréable à Dieu par sa vertu et sa piété; à l'Église, parla plénitude de son dévouement et de sa dévotion. Et certes, vous seriez bien coupables si vous négligiez en quelque point que ce soit de l'imiter et de le vénérer. Aussi avons-nous été réjoui de voir le sentiment filial que vous avez montré pour un père si saint, en demandant avec de louables instances sa canonisation. Et notre cœur, toujours incliné à obtempérer à vos prières, et à contribuer à tout ce qui peut vous être utile, à cause de votre piété, de votre soumission et du zèle qui anime votre maison, a reçu avec clémence l'expression de vos vœux, y a consenti ; et nous aimons à vous donner la preuve de notre grâce et de notre bienveillance.

Nous rappelant donc la vie de ce bienheureux Confesseur, sa foi, sa sainteté, sa doctrine, qui l'ont fait briller d'un si vif éclat dans l'Église de Dieu; après avoir consulté l'assemblée de nos frères, et plein de confiance dans la miséricorde divine, nous appuyant sur l'autorité des bienheureux apôtres Pierre et Paul, nous avons fait insérer dans le catalogue des Saints celui dont nous reconnaissons les mérites, et nous avons fixé le jour de sa mort au nombre . des jours de fête solennelle.

C'est à vous surtout, mes chers fils, qu'il importe d'imiter sa vie, d'honorer sa gloire. Efforcez-vous aussi de suivre fidèlement son exemple, de marcher sur les traces de ce père saint et vénérable ; et célébrez sa mémoire de telle sorte, qu'après avoir eu le bonheur de vivre en sa société sur la terre, vous vous rendiez digne de participer à sa béatitude au ciel.

Donné à Anagni, le 15 des calendes de février 1174.

Le pape Pie VIII, de bienheureuse mémoire, après avoir pris en considération les avis de la Sacrée Congrégation des Rites, a voulu que saint Bernard fût honoré du titre de Docteur de l'Église universelle, et que son Office ainsi que sa Messe fussent célébrés selon le rite des Docteurs.

Le corps du Saint fut enseveli dans un sépulcre de pierre, devant l'autel de la sainte Vierge, à Ûairvaux. Sur sa poitrine on avait

placé une boîte contenant des reliques insignes de saint Thaddée, qu'on lui avait apportées de Jérusalem.

Parmi plusieurs épitaphes de saint Bernard, il en est deux qui nous paraissent dignes d'être conservées. La première est attribuée à Adam, chanoine régulier de Saint-Victor de Paris. La seconde se trouve dans les œuvres de Philippe, moine du couvent de Bonne-Espérance, pag. 802, Op. Bem. in Habill

Sceeiatêt Clarcevallis clarissimus abbas.

Qui summU ntmmus, si sibi panms erat»

Religionis apex, lux mundi, laus monaehorumj

Flot cleri, legis sonctio^juris amor, Instructus, v^iox, sublimis, pauper, abundans,

Afiibus, ingeniOf ionguine, veste^ bonis. Du fa, moiwn^ cunetos, tullit, horruit, œdificavit ;

Vana^ Deum, requiem^ sprevit, amavit, habet.

Sons cette pierre obscure repose Tillostre abbé de Clalrvaux, Grand dans les plus grandes choses, il ne fut petit qu'à ses propres yeux. Prince de TÉglise, lumière du monde, gloire des religieux, Fleur du clergé, appui des lois, défenseur du droit, Profond par sa doctrine, vif et sublime par son esprit,

Ce pauvre volontaire fut riche de tous les dons. Riche par ses talents, par son génie, par sa naissance, Par sa beauté, par ses actions. Austère et mortifié, ennemi du vice, modèle en toutes choses, Il méprisa la vanité, n'aima que Dieu, Et trouva ainsi 'éternel repos.

Ciarœ sunt valUs, sed claris vaUibus abbas Clarior, his eiarum nomen in orbe dédit,

Ciarus avis, ciarus meritis et ciarus ftonore, Ciarior eloquio, religione magis,

Mors est clara ; einis ciarus, clarumque sepukhrum, Ciarior extdtat spiritus ante Deum.

Illustres sont ces vallées, mais plus illustre le saint Abbé

Qui rendit leur nom illustre dans tout l'univers.

Il fut illustre par ses aïeux, illustre par ses mérites, illustre par sa gloire*

Mais plus illustre encore par son éloquence et par sa piété.

Sa mort fut illustre, sa cendre est illustre, sa tombe est illustre,

Mais plus illustre son esprit qui brille devant Dieu.

CHAPITRES COUPLÉMENTAIRES.

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