‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 157 sur 385 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

QUB PEESONNB NE PEUT SE CONVEHTIR AU SEI- GNEUR, S*1L n'est PRÉVENU PAR LA VOLONTÉ DE DIEU ET PAR LE CRI INTÉRIEUR DE SA VOIX.

I. C'est pour entendre, comme nous en avons la confiance, la parole de Dieu, que vous êtes réunis. Car nous ne saurions voir d'autre cause à votre si avide concours. Nous approuvons en tout cas ce désir, et nous nous réjouissons de ce louable zèle. Bienheureux^ en effet, ceux qui entendent la parole de Dieu^ mais s'ils ia gardent^! Bienheureux ceux qui sesouviennent de ses commandements^ mais pour les accomplir*. Car il a les paroles de la vie étemelle ', et l'heure vient (puisse-trelle même être venue !) où les morts entendront sa voix; et ceux qui V auront entendue, vivront ^; puisque la vie est dans sa volonté. £t, si vous voulez le savoir, sa volonté c'est notre conversion. Enfin entendez-le luimême. Est'Ce que je veux la mort de Pimpie^ dit le Seigneur^ et non plutôt qu'il se convertisse et qu'U vive *? Par ces paroles nous reconnaissons évidemment que pour nous la véritable vie n'est que dans la conversion, et qu'autrement il n'y a pas d'entrée ouverte, le Seigneur

* Luc, XI, 28. — « Pb. en, 18.— » Jean, vi, 69.— * Jean, v, 2:).— * Exé€h.,iLvni, 23.

disant encore : Si vous ne vous convertissez^ et ne devenez comme de petits enfants^ vous n'entrerez point dans le royaume des cieux \ C'est avec raison que les enfants seuls y entrent : car un petit enfant les mène, qui pour cela même est né et nous a été donné. Je cherche donc la voix que les mons puissent entendre, pour vivre après l'avoir entendue : peut-être, en effet, ai-je aussi à évangéliser des morts. Et pendant ce temps-là s'offre à ma pensée un mot court, mais plein de sens, que la bouche du Seigneur a prononcé, comme le Prophète l'atteste : Vous avez dit^ s'écrie t-il, parlant sans doute au Seigneur son Dieu : Convertissez-vous^ enfants des hommes '. Et ce n'est pas sans raison assurément que des enfants des hommes semble exigée la conversion, en tout cas nécessaire aux pécheurs. Car aux célestes esprits c'est plutôt la louange, partage des cœurs droits, qui est recommandée, suivant le psaume du même Prophète : Loue ton Dieu^ Sion ' 1

2. Au reste, quand il dit : Vous avez dit^ Sci^ gneur^ ce n'est pas là, à mon avis, une parole sur laquelle* on doive passer légèrement, ni qu'il faille se contenter d'entendre. Car qui oserait comparer aux paroles de l'homme celles qu'on nous rapporte que Dieu a proférées ? La parole de Dieu est véritablement pleine de vie et

^ Matth. xvai, 3.— * Ps. lxxxix, 3. — * Ps, cxlvii, Q

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