‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 231 sur 385 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

M LA HILIGB SÉGOLIERB.

3. Quelle est donc la hn, quel est le fruit de cette milice ou plutôt de cette malice séculière, si celui qui donne la mort pèche mortellement, et si celui qui la reçoit i)érit éternellement? Car, pour user des paroles de rA|)ôtre, et celui qui laboure dùit labourer^ ei celui Çui foule doit fouler , d'»M l'espérance de recueillir' çuelque$ fruits ^ Quelle erreur étonnante, ô soldats, . quelle fureur insoutenable, de combattis avec . tant de fatigues et de frais, pour ne recueillir que la mort ou le crime 1 Vous couvrez vos

I \ Cor., II, H».

chevaux de soie, vous les entourez de je ne sais quelles étoffes qui flottent autour d'eux; vous peignez vos lances, vos boucliers, vos selles ; vous entourez d'or, d'argent et de pierreries, les mors et les éperons. Et avec cette pompe, saisis d'une honteuse fureur et d'une intrépide stupeur, vous courez à la mort ^ Sont-ce là des insignes guerriers ou des ornements de femmes? Est-ce que le trait de l'ennemi respectera cet or, épargnera ces pierreries ou sera arrêté par la soie? Vous en avez fait souvent l'expérience : trois choses sont nécessaires au soldat vaillant, l'adresse et la prudence pour se conserver, la célérité pour courir, la promptitude pour frapper ; et vous, au contraire, vous voilez vos yeux en nourrissant votre chevelure à la façon des femmes; vous embarrassez vos pieds dans de longues et larges robes; vous ensevelissez vos mains délicates et tendres dans des manches amples et flottantes. Ajoutez à cela les terreurs de conscience inspirées |)ar les motifs légers et frivoles qui ont poussé à une si périlleuse milice. Car ce qui allume la guerre entre vous et suscite vos querelles, c'est une colère déraisonnable, c'est le désir d'une vaine gloire ou lacupiditéqui aspireàune possession terrestre. Or, est-on en sûreté quand on donne la mort ou qu'on périt pour de pareilles causes?

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