ET DE L'ORGUEIL
S. BUK. — Tom II. ao
PRÉFACE
Vous m'avez prié, Geoffroi, mon frère, de vouseîjposer, en un traité assez étendu, les degrés d'humilité dont j'ai entretenu nos frères. Voulant répondre dignement à une demande qui le méritait, et craignant de ne le pouvoir, je me suis rappelé le conseil de FÉvangile, et avant de commencer je me suis recueilli pour voir si j'aurais de quoi achever mon édifice '. La charité ayant dissipé ma crainte de voir mon œuvre inachevée tourner à m'a confusion, j'en ai ressenti une autre tout opposée, et j'ai plus redouté la gloire du succès que la honte d'un échec. Placé ainsi entre la crainte et la
* Luc XIV, 28.
charité, comme en un carrefour, j'ai longtemps hésité quelle route je devais prendre -.j'appréhendais de paraître peu humble en parlant utilement de l'humilité; et d'être inutile en me taisant par modestie. Ces deux routes n'étant pas sûres, et obligé pourtant d'en suivre une, j'ai préféré vous communiquer le fruit de mes entretiens (s'ils en ont quelqu'un), plutôt que de m'abriter dans le port du silence, j'espérais que si vous approuviez ma parole, vos prières me défendraient de l'orgueil ; que si au contraire (et c'est mon avis), mon travail ne méritait pas votre suffrage, mon orgueil serait sans motif.
TRAITÉ
DES
PiyËBS DEGRÉS DE l'HUMlLITÉ