‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 305 sur 385 · TRAITE DE SAINT BERNARD SUR LE BAPTÊME · texte numérisé non relu

TRAITE DE SAINT BERNARD SUR LE BAPTÊME

moignage du Prophète, selon lequel, le roi Uérode «'iuformaut auprès des Mage^ du lieu de la naissance de Celui qu'ils cherchaient, ils lui répondirent sur-le-champ qu'il était né à Bethléem ^ Il est donc constant que Jésus-Christ est né à Bethléem, qu'il a souffert à Jérusalem, et que les prophètes ont prédit clairement ces deux circonstances. Il est aussi \rai qu'il a été conçu à Nazareth ville de Galilée ; mais Nicodème n'a rien trouvé dans rÉcrilure, qui ait pu lui apprendre que, la^ Galilée, ou Nazareth, eussent aucun rapport avec la venue de Jésus-Christ.

20. C'est \H)\xr cela aussi que Nathanaël, également docteur de la loi, quand Philippe lui annonçait Jésus-Christ, fils de Joseph de Nazareth, répondit tout étonné : Quoi! peut-il sortir quelque choie de bon de Nazareth *? Il était sur[)ris que Jésus-Christ fût né à Nazareth, parce qu'il n'en était fait nulle mention dans l'Écriture. Si l'on prétend que la réponse de ce docteur a été moins une interrogation qu'une affirmation, et qu'il songeait à ce témoignage dont nous venons de parler : // sera appelé Nazaréen ; on ne peut toutefois prouver, par là d'une façon certaine, qu'il ait connu que Jésus eût été conçu à Nazareth, puisqu'il aurait pu trouver plusieurs autres raisons à cette prédiction du prophète. Il est donc vrai de dire que le dessein de Dieu touchant le lieu de la conception de Jésus- Christ, a pu être inconnu aux anges aussi bien qu'aux prophètes.

21. De plus, dites-moi, je vous prie, comment connaître que ce moyen si incompréhensible, que la Vierge alarmée en demandait l'éclaircissement, ait été connu des anges ? Pour moi, je pense que celui même qui venait annoncer ce mystère (je le dis avec le respect que je lui dois], n'en avait pas connaissance : et il l'avoue, si nous prenons bien garde à ses paroles; car en ré|)ondant. Le Saint-Esprit survietidra en vousy ne renvoie-t-il pas ouvertement Marie à l'école du Saint-Esprit? C'est par l'onction de cet esprit qu'elle doit être instruite de toutes les choses dont il n'ose s'attribuer la connaissance ; elle doit apprendre par son expérience, ce qu'elle ne peut entendre de sa bouche.

* Malth , II, 1. — * Jean, i,4G.

Enfin, en ajoutant; La vertu du Très-Haut vous couvrira de non ombre ', il indique, bien ])lus expressément le mode secret dont se réalisera cet incom préhensible et ineifable mystère ; le mode par lequel la Trinité seule devait opérer, dans l*ombre, cette divine conception,avec la Vierge, et dans la Vierge seule. Et le grand saint Jean se reconnaît aussi incapable de pénétrer dans . cet admirable mystère, lorsqu'il déclare qu'il n'est pas digne dedélier les cordons dessouliers . deJ.-CMais, je vous prie, comment prouver, qu'avant l'accomplissement de ce mystère, les anges avaient connu la sainte Vierge, de nom ou de visage, comme celle qui avait été choisie de Dieu pour sa mère? J'excepte l'Archange à qui on doit croire pieusement qu'elle avait été donnée en garde dès le commencement? Si Je démon trompé par le mariage de Joseph, ne l'a point connue, même après la conception; on peut bien penser, qu'avant ce temps, les saints anges n'ont point su qu'elle dût devenir un jour la Mère de Dieu. Car si les anges réprouvés sont destitués de la participation aux grâces spirituelles, ils ne laissent pas d'avoir encore la pénétration inséparable de leur nature.

22. Remarquez-vous bien toutes les raisons qui permettent de croire, sans blesser ni la foi ni la vérité des Écritures, que les anges n'ont point eu connaissance de ce dessein de Dieu, surtout afin que la prérogative de la révélation de ces secrets, fût réservée à la Vierge-Mère? La première des circonstances de ce mystère était le temps, la seconde le lieu, la troisième le mode, et la quatrième l'élection de la personne de la Vierge. Voilà ce que vous pouvez répondre aux frères qui me blâment d'avoir dit à la louange de la Vierge, que c'était peutêtre pour cette raison que l'Évangéliste avait usé de ces termes: Il fut envoyé de />iCM,depeur qu'on ne crût que Dieu eût révélé son dessein aux saints anges, avant de le faire connaître à la sainte Vierge, à l'exception de l'archange Gabriel. Or, quand je dis son dessein, je ne parle point du mystère en soi, mais du temps où il a été accompli, du lieu, de la manière, et de l'élection de la personne .

1 Luc, I, 35.

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