Sortant de la cité, il parcourait aussi sou
vent les villages et les bourgades, avec la sainte escorte de ses disciples, qui ne le quittaient jamais. Il s'en allait, dispensant, même à des ingrats, la mesure du froment céleste. Il voyageait à pied, et non à cheval, se montrant, même en ce point, un homme apostolique. Bon Jésus ! que n'a pas enduré pour vous ce valeureux guerrier, de la part de fils criminelsl que n'a-t-il pas souffert de ceux à qui il portait la bonne nouvelle et pour qui il vous adressait tant de vœux 1 Qui pourrait dire les traitements indignes, et les injures qu'il a essuyés, quels outrages il a rencontrés, et combien de fois il s'est trouvé en proie à la faim, aiï froid, à la nudité? Et pourtant, il se montrait pacifique avec les ennemis de la paix, redoublant ses instances auprès d'eux, à temps ou à contre-temps. On le chargeait de blasphèmes : il priait. On l'accablait d'injures, il opposait le bouclier de la patience, et il triomphait du mal par le bien. Comment n'auraitil pas triomphé ? Il persévéra à frapper, et enfin selon la promesse, on lui ouvrit*. Le résultat que la Vérité avait prédit, pouvait-il ne pas s accomplir? La main du Seigneur opéra une merveille, parce que la bouche du Seigneur avait dit la vérité. La dureté s'amollit, la barbarie cède : cette maison irritante commence à s'adoucir, elle se prête à la conversion, elle accepte la discipline. Les lois barbares disparaissent devant les lois Romaines ; partout les coutumesecclésiastiques sont reçues,Ies usages contraires abolis ; les basiliques se relèvent et on y voit un clergé bien ordonné. Les solennités saintes sont célébrées, on se confesse, le peuple accourt à l'église, des noces régulières et publiques remplacent des unions coupables; enfin, une heureuse transformation se montre partout, et aujourd'hui, on peut appliquer à cette nation ce que le Seigneur dit, par son prophète: Ce peupk qui n'était pas mon peuple^ est devenu mon peuple *«