IL CONSTRUIT UN MONASTERE A IRRAK
iS. Quelques années après, la ville futdétruite par un roi qui régnait sur la partie septentrionale de l'Irlande, car c'est de ce côté que tout le mal vient* ; peut-être ce malheur futil un bien pour ceux qui surent en profiter. Car, qui sait si Dieu ne voulut pas détruire aussi les anciens péchés de son peuple? Con-
*Luc, XI, 9.— 'Osée, il, 24.— « Jérém., i, 4.
tramt par la nécessité, Halachie sortit donc avec la troupe de ses disciples. Son départ porta fruit, car c'est à cette occasion qu'il construisit le monastère d'Ibrak, où 11 se retira avec cent trente frères. C'est là qu'il rencontrale roi Cormarch, celui quî,chassédu trône,avait trouvé la consolation dans la divine miséricorde, sous la conduite de Malachie. Ce lieu était situé dans ses Etats. Le roi eut grande joie de recevoir le saint, et dans sa reconnaissance et le souvenir des bienfaits dont il avait été l'objet, il se mit lui et tout ce qu'il avait, i la disposition de Halachie et de ses compagnons. On amena incontinent un grand nombre d'animaux à l'usage des frères, sans parler de l'or et de l'argent pour les frais de construction qu'il donna avec une libéralité royale. Lui-même venait souvent dans le couvent, roi par l'extérieur, mais disciple de Malachie par le cœur. Et Dieu bénit ce lieu à cause de Malachie, et en peu de temjs, il acquit de l'importance par les biens, les propriétés et les personnes. Là, comme un novice, Malachie, maître et évêque, portait bien plutôt qu'il n'imposait aux autres, la loi et la discipline. II faisait la cuisine à son tour ; il servait ses frères à table. 11 ne voulait pas qu'on l'oubliât pour le chant et la lecture à l'église ; il remplissait généreusemeni'ces divers offices, comme un simple religieux. Non-seulement il partageait la pauvreté commune, mais il était le plus pauvre de tous, et il montrait un zèle plus ardent que personne pour cette vertu.